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© Design #6 par Erin McCarley, optimisé sous Firefox. | BACKGROUNDIt's the end when I beginDans cet établissement pas de discrimination, tout le monde demeure sur un pied d’égalité : vampires, humains, loup-garous, succubes et autres créatures. Pour ce faire il est naturellement obligatoire de conserver une forme humaine. Marre du monde des humains où vous vous sentez à l’étroit, mal à l’aise ? Il vous manque simplement la liberté. Le pensionnat est là pour vous. Nous saurons vous trouver où que vous soyez et qui que vous soyez.Cependant derrière tout ces aspects d’égalité et de liberté les plans se trament et la tentation de hausser sa race en influence au sein de l’établissement apparaît. Les tensions montent secrètement et lentement entre les différents individus et l’odeur âpre de la confrontation entre celles-ci commence à ce faire sentir. Sous des airs angéliques vos voisins de table peuvent très bien vous haïr. Tout n’est que voile et mensonge. Maintenant à vous de faire votre entrée, qui que vous soyez, quoi que vous soyez. Continuerez vous le jeu malsain qui se joue dans l’établissement ou vous dresserez vous contre celui-ci en faisant éclater la vérité au grand jour ? Saurez vous passer « de l’autre coté » ? |
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| | Droit dans les yeux ; Finn | |
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 | Sujet: Droit dans les yeux ; Finn Ven 9 Sep - 19:25 | |
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« C’est beau, sans doute. » « Tu crois ? » « Je ne sais pas. Quand je regarde les choses, parfois, j’ai l’impression de ne pas vraiment les voir. Il y a comme un voile. Alors tout me semble hideux. »…………………………………………………. Tu retiens un juron, si peu indigne de toi, avant de t’enfoncer dans la forêt. Les ténèbres t’apaisent, la verdure autour de toi te fait oublier tout ce qui n’est pas la fraicheur et le mystère de ce lieu. Les visages défilent sous tes yeux, les bruits agressent tes oreilles délicates, encore, encore, alors que tu voudrais juste qu’ils se taisent, qu’ils te laissent. Tu voudrais le silence, une paix que l’on t’accordait avec trop de facilité autrefois. Ici, tu étouffes. Ici, tu paies le prix de ta propre quête, tu te perds parmi ces êtres que tu ne comprends pas. Tu voudrais parfois arrêter le temps. Les figer, tels des statues immortelles qui t’offriront leurs regards vides sans te noyer de leurs remontrances et sans t’étrangler de leurs présences si peu discrètes. Les broyer, jusqu’au dernier, pour qu’enfin tu puisses retrouver ce qui te manque tant, sans que ton avancée ne soit gâchée par leurs visages fermés et sans intérêt. Ta peau trop pâle lui dans les ténèbres, rougie par endroits par des ronces que tu n’évites pas. Tu es fragile, très, trop, face à ces créatures que tu cherches à approcher en les fuyant Tu as simplement le corps d’un humain, il suffirait de si peu pour te détruire. Un souffle de vent. Comme celui qui balaie tes cheveux de jais, comme celui qui dévoile un court moment le sombre bandeau que tu portes à l’œil gauche. Il serait si simple d’avoir la paix, de t’enfuir, peu importe. Mais tu choisis la difficulté. Toujours. Et puis… Peut-être y-t-il désormais des choses qui te retiennent en ces lieux.Tu retiens un rire, désabusé, mauvais. Tes pensées sont futiles, si dérisoires. Il n’y a rien ici qui pourrait faire sourire ton humanité déchue. Il n’y a rien ici qui pourrait réellement ouvrir tes yeux, pour que tu regardes, pour que tu puisses fixer, réellement, ce qui t’entoure. Tu t’aveugles, parce que c’est tout ce que tu peux faire, parce qu’il n’y a rien à contempler, rien à envier, à aimer dans ces couloirs sans fins et ces heures sans intérêt. Tout défile devant toi et tu ne veux rien attraper au vol. Mensonges, mensonges, mensonges.Ce que tu as pu effleurer t’empêche de t’en aller, de vraiment perdre tout intérêt pour ces lieux. Le pourrais-tu ? Te mentirais-tu, jusqu’au bout ? Tu voudrais, voudrais, toujours ces souhaits, toujours cette volonté insatisfaite. Il est si beau de vivre de mensonges, de cacher l’essentiel sous un sourire enjôleur, sous une remarque impertinente. Tu n’as rien à perdre, si ce n’est un restant d’âme fissuré, noirci. Dans les méandres de tes songes et de tes désirs insatisfaits, il y a toujours ce cœur sanglant qui bat au rythme de tes pas chaotiques, qui te souffle que tu peux encore sauver, te sauver, partir ou te tirer de là mais tu n’écoutes pas, tu n’écoutes plus, tu as assez vécu pour voir comprendre que tu peux éviter ces blessures en te contentant de feindre l’ignorance. L’absence. Maitre de la dissimulation, sous tes dehors séducteurs et assurés. As-tu réellement quelque chose à gagner ? As-tu réellement une vie, ancré dans la réalité, qui laisserait un manque, un creux, dans une existence étrangère ? Non, bien entendu. Tu n’es jamais qu’une statue, que l’on peut réduire en poussière. Une partie d’un monde, vieille et isolée, poussiéreuse d’avoir été trop aimée, puis abandonnée. Elle est belle, ta déchéance. Ta sublime fatalité. Quelques bruits de voix, ténus. Tu t’arraches à ta bien-aimée solitude pour tendre l’oreille, un peu. Ce sont des voix familières. Tu t’en irrites, un peu, certain que ta tranquillité va être troublée. Mais tu ne peux empêcher tes pas de t’en approcher, jusqu’à observer, de loin, leurs éclats. Un léger sourire se dessine sur ton vidage, face à ce que tu devines être le poids de l’habitude. Inexorablement. L’une des deux silhouettes s’engouffre dans la forêt et tu suis du regard ses cheveux émeraude qui se perdent dans la froideur du lieu. Tes pas te mènent vers lui. Sans que tu ne puisses t’en empêcher, après un dernier regard à la jeune fille demeurée seul. Tu aurais pu continuer, seul, chercher un repère où tu n’aurais pas croisé celui que tu considères sans aucun doute comme un repère. Mais les sempiternelles querelles qui animent ses journées t’amusent et tu es incapable de retenir ta voix, alors que tu le rejoins. « Tu ne devrais pas l’abandonner ainsi. Elle risque de faire de mauvaises rencontres et tous ne sont pas bien intentionnés, par ici. » Tes yeux brillent, paresseusement, alors que tu t’assois sans plus de cérémonie à terre, sans le regarder. « Ah j’oubliais. Il ne lui arrivera rien même si elle n’a pas son fidèle serviteur près d’elle, n’est-ce pas ? Il accourra au moindre danger. »Un sifflement, bas, moqueur. Sans le regarder, toujours. Il n’est pas bon de réveiller ce qui peut sommeiller. Tu ne le sais que trop bien. Mais la saveur douce-amère de la provocation vaut toutes les prudences.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Ven 9 Sep - 21:07 | |
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Sa voix geignarde, insupportable. Je ne la supportai plus. Je n’en pouvais plus. Qu’elle arrête de pleurnicher à mes oreilles, de s’agripper ainsi à moi, comme du lichen sur un rocher. _ Finn.. Finn ! Je suis désolée…Je suis désolée…Bouhou… Combien de fois ais je pu entendre ses gémissements? Combien de fois ais je du me forcer à écouter ses excuses? Comme si cela allait suffire à effacer toutes ses souffrances qui s’accumulaient en moi, finissant de martyriser mon être. Rien que sa présence était une râpe, quelque chose qui m’usait terriblement. Chacune de ses syllabes, le moindre frôlement, me mettait un peu plus les nerfs à vif. J’avais eu l’espoir fou à ce qu’elle me lâche un peu les baskets une fois que nous serions arrivés ici, mais c’était encore pire qu’avant. Elle avait peur de tout ce qu’elle croisait, me criant de rester près d’elle, pleurant dès que je disparaissais de sa vue, comme une vulgaire gamine de 5 ans. Dire qu’elle avait 10 ans de plus. Elle me foutait une honte terrible, intolérable, faisait s’envoler toute ma dignité, embrasait ma raison, la faisait partir en fumée. A croire qu’elle prenait plaisir à se shooter avec ma patience, ma présence, mon existence. Le moindre de ses souffles, de ses soupirs, m’épuisait un peu plus, attisait les cendres de mon être. Mais avant de tomber en cendres, je comptais bien lui brûler les doigts… _ Tu crois que ça suffit? Je fis volte face, la foudroyant de mon regard jaunâtre, acéré, aussi sec en amour qu’un désert aride. _ « Je suis désolée.. » Pff… J’eus un rire, plein de cruauté, un rictus étirant mes lèvres, découvrant mes dents acérés. _ Pas autant que moi, ma pauvre… Elle cligna des yeux, sans comprendre. _ Rien que de te supporter…C’est une véritable désolation. Tu m’épuises, Quinn. Tu m’éreintes. Tu m’étouffes. Laisse moi vivre. Laisse moi. Elle écarquilla les yeux. Mais comme à chaque fois, elle se voilait la face. Elle refusait d’y croire. Elle ne voulait pas même y penser, pas m’écouter. _ Je suis désolée, répéta-t-elle automatiquement. Qu’elle m’insupportait, à ne jamais réfléchir, à rester sourde à mes paroles. A ne pas me comprendre, jamais. Ne pas même essayer d’ailleurs. Je la pris par le collet, la soulevant sans difficulté. Elle n’était rien, comparé à moi. Mais malheureusement, elle était obligée d’en représenter beaucoup… Beaucoup trop. Je n’en pouvais plus. Je voulais ma vie. Une vie à moi, qui n’appartiendrait à personne. Elle m’exigeait à ce que je l’aime. Mais cet ordre bouleversait mon être déjà dans un équilibre précoce. Elle voulait que je ressente pour elle un sentiment fort, un sentiment puissant, qu’on appelle l’amour. Ce qui était contradictoire à ma nature. Elle me faisait mal. Elle me blessait. Elle le savait, mais refusait de nier cette volonté. Je devais l’aimer. Mais ne dit on pas que l’amour et la haine sont à peu près les sentiments? Mon esprit, en tout cas, était encore incapable de discerner la nuance. Je la balançai alors au sol, où elle s’effondra pitoyablement dans un petit cri de douleur. Elle se prostra au sol, se protégeant nerveusement la tête dans un gémissement anxieux. _…Moi, je ne le suis pas. Je me retournai alors et m’éloignai à grands pas, sans me retourner. Elle se redressa légèrement. Son reniflement me fit serrer les poings. Mais je ne me figeai pas. Je ne revins pas auprès d’elle. Je m’enfonçais au contraire dans la forêt soi disant maudite, me réfugiant auprès de ces arbres qui m’avaient apaisé plus d’une fois. Ils avaient la surprenante capacité de brouiller la piste mentale qui reliait ma maîtresse à moi, me permettant plus facilement de faire une coupure entre l’esprit de Quinn et le mien. Comme avec les ondes d’un portable quoi.
Je ralentis peu à peu le pas. Je me sentais bien, ici. Etant déjà un esprit à la base, je laissais mon âme s’éparpiller et s’étendre, allant se glisser le long des esprits endormis des arbres, me mêlant mentalement à eux pour m’apaiser. J’avais fini par me figer, mains dans les poches, tête levée vers le ciel, yeux clos, inspirant doucement l’air parfumé de la forêt. Les odeurs douceâtres de la décomposition des feuilles me fit finalement rouvrir les yeux alors que je me détachai soudain de ma connexion avec les arbres. J’avais perçu une présence, une ombre, en approche. Fronçant les sourcils, je fis volte face en fronçant le nez, grondant par réflexe. Mais je finis par reconnaître, petit à petit, cette fragrance d’âme. Un esprit brisé, une âme damnée, éreintée, blessée, mais emplie d’une force mystérieuse, d’une surprenante rage d’existence. Je me retournai à demi, plissant les yeux à la vue du garçon qui s’approchait de moi. Un jeune homme aux cheveux sombres, dont le bandage dissimulait l’un des yeux. Mais je n’avais pas pour habitude de me fier aux apparences…Moi qui avais cette capacité de voir l’âme des créatures qui m’entouraient, je préférais plutôt appliquer mon jugement sur cette dernière. La sienne semblait durement blessée, fragmentée, mais restait cependant étonnement liée, une force mystérieuse l’empêchant de s’étioler. Il est bien l’un des seuls dont l’âme m’attire et me répugne à la fois. Cette force mystérieuse me met mal à l’aise, sans de véritables raisons. Elle apparaît comme sombre à mes yeux, dotée de reflets mauves ou bleu. Alors que ma véritable apparence, elle, n’est autre qu’une étrange forme fantomatique, plus proche du poisson ou d’une étrange algue qu’autre chose…Et semble emplie de lumière, longée par des filaments verts qui me permet ces connexions mentales avec mon environnement. Je sais, ce n’est pas vraiment sexy. Il prit alors la parole. Sa voix transperçant le silence. Piquant mon esprit comme une abeille éveille un canasson, je frémissais tout entier. Moi qui, pourtant, aimais écouter le son des voix, la sienne m’horripilait. Et pourtant, elle suffisait à me faire frissonner…Allez comprendre la logique. Je lui fis face, fermant les yeux en le laissant finir, les rouvrant en penchant légèrement la tête sur le côté, mains dans les poches, levant un sourcil méprisant. Son sifflement m’énerva, franchement. Mais l’influence des arbres arrivait encore à me tenir à peu près d’humeur stable. _ Hein? Rêve. Qu’elle aille crever, je n’attends que ça. Je ricanai, longuement. _ D’ailleurs, en parlant de personnes pas vraiment bien intentionnées… Qu’Est-ce tu fous là, le borgne? Tu cherches ton œil? Ou un ami? Perdu comme toi? Je fis quelques pas. _ A moins que ce ne soit toi le grand méchant loup qui dévore les élèves et modifie les chemins? Je savais bien que ce n’était pas le cas. A dire vrai, mes paroles paraissaient complètement sottes. _… Ou en fait tu cherches juste à emmerder ceux qui cherchent à avoir la paix? Dans ce cas, tu peux aussi te rendre au cimetière et là au moins, tu es sur de ne pas t'en prendre plein la gueule, si tu vois ce que je veux dire... Je me retournai alors à demi, le fixant de mes yeux jaunes. _ Qu’Est-ce que tu cherches? Je le connaissais un peu, ce gars. Et, sans cesse, il avait besoin de me lancer des piques. J’avoue que je ne m’étais pas non plus retenu…Quoi que, Quinn m’avait forcé plusieurs fois à me taire. Mais cette fois ci, elle n’était pas là. Cette fois ci, elle ne pouvait pas me retenir de lui donner la monnaie de sa pièce. Cette fois ci… Serait différente des autres fois.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Sam 10 Sep - 0:38 | |
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« Et après ? » « Et après quoi ? Rien. Elles restent immobiles, c’est tout. » « C’est d’un ennui… »…………………………………………………. Tu esquisses un sourire, moqueur, déjà prêt à te plonger dans cette bataille qui vous rapproche et vous éloigne à la fois. Ton regard se pose sur lui, enfin, enfin. Tu effleures de tes iris sombres ses cheveux d’émeraude, la courbe douce de sa mâchoire, les lignes épurées de ses traits, pour arriver aux lèvres qui lâchent leurs paroles assassines. Tu retiens un rire, parce que c’est rare, tellement rare, que tu te prennes d’envie de répondre à ceux qui te côtoient, que tu cherches par toi-même leur compagnie. Il t’irrite et t’attire à la fois. Tu voudrais le dédaigner, le replacer dans une masse dense dont il ne serait qu’un sombre élément. Il arrive pourtant à s’en hisser, avec une aisance qui te déconcerte. C’est comme si tu ne pouvais pas, ne voulais pas, lui échapper et ses paroles aussi provocatrices que les tiennes redonnent à ton regard cette étincelle qui s’est bien trop tôt tarie. Il n’est pas comme les autres et c’est une constatation plate, sans saveur. Il n’y a pas ce tourbillon de sentiments, en toi, admiration, désir, attraction, répulsion, qui te ferait dire que tu le places simplement au dessus de tous les autres. Non. Il y a seulement l’impression qu’il n’est pas parfait, qu’il est loin de l'être, qu’il ne ressemble en rien à l’être que tu recherches. Et pourtant, tu ne peux t’en détacher, tu lui réponds à chaque fois, entres dans son jeu, continues la danse sans fin des mots qui blessent, soignent, agressent et creusent. Il y a son imperfection, douloureuse, si monstrueuse et inhumaine, qui te frappe, jusqu’à te laisser sans souffle, perdu, capable seulement de le fixer de tes yeux à la fois ternes et féroces. Avant que tu n’abdiques, que tu ne mettes fin à ces quelques secondes où tu peux te permettre de ressentir l’instant présent pour déverser sur lui la moquerie hargneuse de tes paroles. « Le chien se rebelle contre son maître ? Elle est si fragile et toi si cruel… »Tes mots se perdent dans un soupir, alors que tu secoues tes cheveux de jais. Ton bandage est bien serré contre ta tête, tu en sens un peu le tissu qui t’irrite la peau. Un agacement léger et pourtant difficile à ignorer. Tu te dis vaguement que c’est un peu comme lui, même si c’est un peu réducteur, un peu trop imprécis. « Je te trouve bien bavard, en fait. L’idée que je sois là parce que j’ai eu envie de te voir ne t’a-t-elle pas traversé l’esprit ? » Ton sourire moqueur se répand en vague douces sur ton visage, sourcils légèrement relevés. Tu esquives ses questions, un peu maladroitement, conscient que vous étiez tous deux là à la cherche de cette solitude qui vous est refusée. Sauf que tu l’as brisée, pour l’approcher. Est-ce une défaite ? Tu te le demandes, réellement, en contemplant celui qui te fait face. Tu voudrais lui faire ravaler ses paroles railleuses, figer peut-être ce visage qui sembler se moquer de toi, avant de te dire que non, qu’il n’en vaut pas la peine. Tu aimerais, tellement. Te convaincre qu’il n’a aucune importance. Mais tu n’y arrives pas et c’est sans doute cela, le véritable échec. Ça te prend aux tripes, ça te donne envie de fuir de là parce que tu ne penses pas toujours surmonter son regard d’or, ce qui semble émaner de lui. Tu ne sais pas encore à quel point ta faiblesse peut se voir en comparaison et tu te briserais, comme du cristal, tu arriverais à peine à écorcher au passage ces mains que tu devines pleines de sang. « J’attends une proie. Quelqu’un à … comment dis-tu, déjà ? à dévorer pour ensuite modifier le chemin. Est-ce que tu attendais ? »Ton regard se verrouille sur le sien. Violemment. Douloureusement. Cette fois, tu n’as pas envie de continuer à jouer trop longtemps. Tu veux que le jeu prenne une autre forme, parce que tes bases sont erronées. Parce que tu l'as approché, parce tu as toi-même entamé ce contact qui te répugne souvent. La mélodie sourde de tes mots, de ta voix qui se fait de velours, caressante, résonne entre les sombres branchages. « Est-ce que tu voulais entendre de ma part ? Que je ne fais qu’attendre ici, des proies, à l’affût ? Ou penses-tu que je ne suis qu’une victime, égarée ici à la recherche d’on ne sait quoi ? »Tu retiens un rire nerveux, parce que tu es tout cela à la fois, en un mélange explosif et cruel, jusqu’à donner l’être aux ailes brisées que tu es devenu. Tu secoues la tête, soudain lassé. « Non, bien entendu. » Une franchise, aussi brusque qu’inattendue. « Je vous ai vus, de loin, c’est tout. Je ne te suivais pas, je crois que j’ai tout simplement confondu tes cheveux avec la verdure d’ici. » Mais la raillerie reprend ses droits, alors qu’un amusement ténu se lit sur tes traits. Tu l’observes, pas vraiment à la dérobée, pas vraiment de façon trop insistante. Un simple regard pour tenter de voir au-delà de l’être furieux et excédé que tu as vu entrer dans la forêt. Un simplement clignement d’œil, le temps de te demander si rester avec lui dans un lieu isolé de tout est vraiment une bonne idée. Le danger t’échappe, un peu, te revient parfois comme un raz-de-marée qui détruit tout et ne laisse qu’une faiblesse conscience émerger de ses flots ravageurs. Tu n’es pas vraiment comme lui, comme eux et ce désavantage te laisse perplexe et furieux. Tu décides de ne pas en prendre compte, parce que tu refuses de tomber si bas. Tout en te cachant l’essentiel, parce que tu aimes cette sensation de perdre un peu le pouvoir, de te débattre sans réussir à deviner ce qu’il peut se passer derrière son esprit tortueux. Tu ne comprends que trop bien les mécanismes de la séduction et des attraits mais pourtant, tu es incapable de vraiment voir au-delà de ce regard couleur sable qui te fascine tant. « Tu montres si facilement les crocs. C’est amusant. » Une plate constatation, alors que tes yeux se perdent dans les arbres qui vous entourent. Avant que tu ne voies la lumière filtrer, montrer une sortie que tu ne prends pas. « Et puis, si je peux me permettre un compliment, tu es plus attractif qu’un cimetière. » Un rictus, sarcastique. « Quand tu veux. D’ailleurs, si tu le voulais vraiment, ne serais-tu pas parti ? »Une question qui n’attend pas de réelle réponse, pourtant, tu la poses, l’ombre d’un sourire à la candeur fanée sur tes lèvres pâles. Le compte à rebours commence. Tu attends que les secondes s’écoulent, que les derniers grains su sablier s’échouent ta conscience endeuillée.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Sam 10 Sep - 11:41 | |
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Je sentais son regard se fixer sur moi. Décidément, je ne comprendrais jamais ce pourquoi il prenait tant de temps à répondre. Comme si il réfléchissait à chacun des mots qu’il allait employer. Moi qui pourtant suis assez handicapé pour la communication, je ne laissais pas à mon interlocuteur le temps de respirer. J’enchainai les paroles, comme un tir de mitraillette, ou me contentait de quelques phrases qui claquaient aux oreilles de l’autre comme l’aurait fait un fouet. Mais lui…Lui, c’était différent de moi. Ses paroles devaient être comme un poison qui se faufilait lentement dans les veines de sa proie, paralysant peu à peu son esprit au fur et à mesure que ce venin envahissait leur corps. Un effet qui ne marchait pas totalement sur moi, il fallait l’avouer. Ce poison, au lieu de me tuer à petit feu, ne faisait qu’exacerber ma rage de vivre, d’exister. Il voulait me tuer? Tout ce qu’il parvenait à faire, c’est m’exciter davantage. Il croyait pouvoir me désarmer, par son mépris, ces longs regards qui semblaient même vouloir voir mon âme? Pff, qu’on ne me fasse pas rire, il n’était rien pour moi. Juste un grain de poussière parmi toutes ces existences que j’ai croisé. Du moins, c’Est-ce dont j’essayais de me persuader. Mais si il était comme les autres, pourquoi lui accordais je tant d’attention? Pourquoi faisais je l’effort de l’écouter, alors que même Quinn, je l’envoyais paître sans qu’elle n’ait eu le temps de finir ses phrases? Pourtant, sa voix langoureuse me mettait dans tous mes états. La moindre syllabe qu’il prononçait, dans un terrible soupir, comme si chacune d’elle lui était un effort surhumain, caressait mon ouïe, mais plantait ses griffes dans mon cœur, sans de véritables raisons. Comment faisait il? Pourquoi me sentais je si faible, pour me laisser ainsi toucher par sa simple voix?
Je me surpris à le dévisager pour la énième fois, me rapprochant de lui de quelques pas. Je savais que la grande majorité des êtres que je croisais était anormaux…Mais lui, je ne savais pas encore quelle était sa particularité. Physiquement, au premier abord, je ne remarquais rien de particulier, pas d’écailles, pas de fourrures, pas un doigt en plus, pas même des prunelles d’une couleur étrange… Quoi que, c’était peut être ce qu’il cachait sous ce bandeau. Je n’aurais pas du avoir cette réflexion, maintenant, je n’avais qu’une idée en tête. Le lui arracher. Un rictus étira petit à petit mes lèvres. Pourquoi cette curiosité malsaine? Pourquoi ce besoin de savoir quelle était sa monstruosité?…Peut être car son physique ne m’apparaissait que trop parfait pour être réel? Peut être car j’avais besoin de me moquer de son apparence, de cette vérité qu’il cachait? Quel monstre es tu, Marsh? Quelle créature es tu donc? Simple humain? Non, ton aura ne leur est pas semblable… _ Le chien? J’ai serré les dents, mes yeux jaunes se mettant à briller d’une lueur malsaine. _ Ne nous confonds pas. C’est Moi le Maître. Quinn dépend de moi. Moi, je n’ai pas besoin d’elle. Elle n’est qu’un boulet que je dois traîner, car la demoiselle ne sait même pas s’habiller sans moi. Je plissai les yeux dans un geste méprisant. Mon ton se faisait de plus en plus froid, quoi que j’y fasse. Mon esprit se détachait des arbres et retrouvait le chaos habituel qui m’habitait. Ma colère et ma rancœur se mêlaient de nouveau à mes idées…Et je commençai à avoir cette illusion qu’une tornade interne commençait déjà à balayer ma raison. _ Envie de me voir? Pour me faire chier? Dans ce cas, c’était pas la peine… Y’a bien d’autres défouloirs pour te passer le temps. J’eus un geste négligeant de la main, ricanant à cet aveu. Oui, pour quelles raisons avait il bien voulu me rejoindre? J’avouais ne pas vraiment comprendre. Et contrairement à ce que je laissais croire…Je n’étais pas tout à fait mécontent de sa présence. Je remis mes mains dans mes poches, le fixant alors qu’il reprenait la parole.
Loup ou agneau. Prédateur ou victime. Ne réalisait il donc pas que je parvenais à sentir tout ça en lui? Depuis longtemps, d’ailleurs. Il joue avec les vies, il drague et j’en passe, il chasse les cœurs, comme dit le proverbe. De nombreuses fois, j’ai pu l’apercevoir à l’œuvre. Il commence même à s’approcher de Quinn… Un peu trop à mon goût. Et pourtant, je sens le doute en lui. Il semble parfois perdu, malheureux comme un gamin abandonné, solitaire mais qui pourtant, aurait apprécié la compagnie. Comme toutes ces fois où il se met à l’écart, où il observe les autres sans se mêler à eux. _ Oh… Déjà à la base, je ne voulais pas t’entendre… Alors bon, tu peux dire tout ce que tu veux, je n’ai pas de volontés particulières. Je fermai à demi les yeux, passant une main dans ma chevelure quand il la critiqua. Je le foudroyai du regard. _… Mes cheveux te posent un soucis?… Au moins, ça fait que je n’ai pas un physique aussi banal que le tien. Ouais, il m’avait lancé sur la voie. J’étais pas vraiment du genre à faire de la dentelle, surtout sur ce genre de choses… Ce devait bien être l’un de mes principaux défauts. Je montais assez vite sur mes grands chevaux. Marsh n’eut d’ailleurs aucun mal à le constater. Je détournai le regard en haussant les épaules. Le compliment me fit redresser le regard alors que je clignai des yeux avec surprise. _ Eh bien… Toi? Me faire des compliments? Dis donc, ça, c’est louche… Je me rapprochai de lui. Mes yeux s’écarquillant légèrement, une lueur douce venant briller dans mes prunelles. Dame folie, remonte son puits. Dame folie grimpe hors de mes pupilles, laisse sa chevelure s’éteindre le long de mes prunelles. _ …Presqu’ autant que ton bandeau. D’un mouvement vif, je lui arrachai ce fichu bout de tissus, lui griffant légèrement la joue au passage, balançant le pauvre tissus avant de le fixer. Droit dans les yeux. Je le vois écarquiller ses prunelles sous la stupeur. Mais nettement calmé, je mis mes mains dans mes poches et laissai mes prunelles découvrir son visage. Ses yeux étaient magnifiques. Dire le contraire serait mentir. Je ne me lassai pas de plonger mon regard dans cet œil qu’il dissimulait aux yeux de tous… Semblant complètement déstabilisé, je le vis porter une main à son œil découvert, puis me regarder de nouveau avec une rare intensité. Je m’approchai de lui, frôlant sa joue que j’avais très légèrement griffé, accordant un coup de langue à sa joue pour retirer toute trace de sang, emporté par je ne sais quel élan. Puis je me reculai d’un pas, mains dans les poches, yeux mi clos dans un sourire. _ … Je retire ce que j’ai dit. Finalement, tu n’as peut être pas un physique aussi banal que les autres. Je léchai mes lèvres pour récolter le peu de sang qui les avait poissé quand j'avais léché sa joue. Hm, le goût n'était pas mal. Un rien salé, plein d'étranges nuances, âcres ou douces parfois... Une sensation désagréable...Mais pas seulement. Tout comme lui l'était. J'affrontai de nouveau ses prunelles. Mon rictus s'étirant. Je savais ce qu'il était. Une Méduse. Mais je savais aussi... Qu'il ne pouvait rien contre moi. Rien. ...Pourtant, il serait mentir de dire que son regard...n'avait aucun effet. Mon coeur s'était accéléré, sans raison. Je me surpris à rêvasser encore au contact doux de sa peau. Quel étrange enchantement...
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Sam 10 Sep - 21:01 | |
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« Tu ne comprends pas la vraie beauté des choses. » « Il n’y a rien à comprendre, elles ne sont qu’apparences. » « Et alors ? Elles n’en restent pas moins belles pour autant, si tu daignes leur accorder un regard. »…………………………………………………. Ses remarques te font doucement sourire, plissent tes yeux alors que tu l’observes, sans t’en lasser. Tu le vois balayer tes questions, tes remarques, de sa voix dédaigneuse et vive, détourner sans doute la conversation de façon à ce qu’elle arrive dans son sens. Pour qu’il puisse salir ce silence qui ne dure jamais pas bien longtemps, celui que tu as toi-même brisé, en venant le rejoindre. Tu te dis que l’entrevue n’aurait pu être différente, quoi que tu fasses, qu’il faut seulement que tu l’approches pour que la guerre sans fin des répliques et des remarques acerbes vienne à éclater entre vous. Tu acceptes à chaque fois ses mots comme on accueillerait une pluie bienfaitrice : elles éveillent ton esprit souvent endormi face aux créatures qui t’entourent et noient sous leurs coups brutaux les sentiments naissants. C’est ainsi, tu l’as accepté. Tu sens qu’il y a quelques limites, à ne pas franchir mais tu n’as pas encore su les définir. C’est sans doute mieux, ainsi.« Tu es si présomptueux. » Pour te croire si indispensable pour elle, pour croire que tu vaux mieux que les autres victimes à aller empoisonner et irriter, pour placer ne serait-ce que ton physique au-dessus du lot.Tu retiens un rire, parce que tu sais qu’il n’a pas tort. Pas vraiment. Pas du tout. Tu ne seras jamais capable, quoi que tu fasses, de le placer dans une catégorie, d’en faire une tête parmi tant d’autres. Il est trop horripilant, il n’y a rien à en tirer. Sans doute. Ce serait la version officielle. Ce qu’il se cache réellement en dessous, tu préfères éviter de le voir pour l’instant. Tu ne veux pas chambouler les bases défaillantes que tu as pu construire. Tu ne veux pas nommer ce qui t’obligerait à faire de lui un être à part. Parce que tu ne veux compter que sur toi-même, parce qu’il n’y a qu’une chose qui t’intéresse et qu’on ne t’en détournera pas, non, que tu ne peux pas abandonner, c’est toute ta vie, ta non-vie, tu ne sais pas et cela n’a pas d’importance parce que cela te rend vivant et c’est la seule chose, sans doute, qui t’accroche ici. Tu te berces si facilement d’illusions, même en en étant conscient. L’allusion à ton bandeau te met sur la voie, te fait déjà reculer d’un pas. Mais il est trop tard, trop tard tu as perdu dès que tu l’as approché, tu t’es perdu dès que tu l’as vu, tu as signé ton arrêt de mort en ne t’éloignant pas. Le sien, peut-être ? Tu as un moment de flottement, tu sens l’air frais caresser cette peau que tu ne dévoiles pas. Dans le doute, dans la peur, c’est ton cadeau empoisonné, ta sublime fatalité et tu te surprends à vouloir revenir en arrière, pour ne pas que ton regard entier ait pu se plonger dans les prunelles dorées. Tu retiens ton souffle, stupidement inquiet, le cœur serré parce que tu t’attends à le voir devenir pierre, à fermer ces yeux qui te fascinent sur ce monde qu’il ne foulera plus. Mais il n’y a rien, rien, il continue à te regarder, il parle, il vit et tu ne peux que rester là, les bras ballants, le cœur au bord des lèvres, emporter avec lui tes plus belles certitudes. Tu voudrais fermer ton esprit, ne pas réfléchir à ce que tu es désormais obligé de voir. Parce que la peur était là. Viscérale, inhumaine. Tu ne voulais pas qu’il meure, tu ne voulais pas qu’il disparaisse. Tu ne voulais pas faire de lui une trace parmi tant d’autres, une œuvre fade et sans intérêt entreposée dans ton royaume de pierre et de marbre. Tu préfères te dire que c’est parce qu’il ne serait pas à la hauteur de tes autres œuvres mais ce serait faux, si faux et tu veux qu’il meure, qu’il meure même si cela t’écorche de l’intérieur. Et son regard, moqueur. Sa victoire nuancée d’une pointe de surprise, d’un mélange de sentiments que tu n’identifies pas. Tu ne saisis pas s’il te complimente, s’il se moque de toi et quelque part, tu n’en as que faire, tu es encore trop ébranlé. Tu sens encore sur ta joue la sensation humide de sa langue qui recueille le sang qu’il a fait couler et le vois le nettoyer sur ses lèvres souriantes. Tu te doutes qu’il a un gout de victoires mais tu n’arrives pas à te sentir déçu, blessé, peu importe ce que tu aurais dû être à ce moment précis. Parce que tu la vois dans son regard, cette lueur. Celle qui s’éveille à ton contact, que tu allumes d’un regard, d’un geste, d’un frôlement suggestif. Celle par laquelle tu te sens vivant, celle qui te permet de chasser ses proies. Désir, attraction, répulsion, aversion ? Tu ne l’identifie pas tout à fait mais tu en vois assez pour décider que tout n’est pas perdu, que tu n’as certes pas ton pouvoir habituel sur lui. Mais quel intérêt, pourquoi le voudrais-tu ? Tu n’aurais jamais songer à le faire défiler entre tes beautés figées, tu ne l’aurais jamais choisi pour qu’il figure en tête sur ton plateau de jeu géant. Tu n’as pas besoin que ton pouvoir l’étouffe, l’étreigne, noie ce qu’il peut y avoir de vivant en lui. S’il y a quoique ce soit de vivant. Tu voudrais le voir, par toi-même. Peut-être est-il plus humain qu’il n’en a l’air. Après tout, le désir et l’envie ne sont-ils pas des sentiments humains ?« Oui, tu me vois désolé d’avoir ruiné les impressions que tu avais à mon égard. » Ta voix est froide, remise du choc, peut-être un peu tremblante. Elle gagne pourtant en profondeur et en sensualité, alors que tu te rapproches de lui. Tes yeux brillent, dangereusement, tu te sens dans ton élément. Tu peux reprends tes droits, essayer de gagner à nouveau ce terrain que sa vivacité t’a fait perdre. Tu te rapproches, encore, jusqu’à plaquer en douceur son corps contre un arbre. Tes gestes sont lents, assurés, comme une chorégraphie longtemps répétée. Ta tête se rapproche de son cou, tes cheveux chatouillent la peau sensible alors que ton souffle s’y perd. « Je voudrais juste… » Ton corps est maintenant collé étroitement au sien et tu te baisses, encore, te penches, plus près, toujours, toujours… jusqu’à ramasser le bout de tissu qu’il a énergiquement arraché. « Récupérer ceci. »Tu lui adresses ton plus beau sourire moqueur, alors que tu essaies tant bien que mal de cacher ton œil avec les morceaux restants. Mais il ne s’est pas montré tendre et en plus de la plaie qui brûle toujours sur ton visage, la déchirure subie par ta protection ne te permet pas de le remettre. Tu pousses un soupir, las et arranges tes cheveux pour cacher ton œil. Sans succès, toujours. Tu es désormais obligé de le regarder bien en face, avec tes deux yeux et tu ne sais pas si cela te déplait ou non. Tu n’as pas l’habitude, tout simplement, de renoncer ainsi à cette protection bien superflue. Elle n’est rien mais elle te permet de garder un contrôle. Elle n’est rien mais tu te sens démuni. Vulnérable. Et tu n’aimes pas cette impression, surtout face à lui. « Pourquoi n’es-tu pas figé ? C’est la seule façon dont j’aurais pu arriver à te faire vraiment taire, non ? » Un ton taquin, un brin railleur, pour reprendre les vieilles habitudes. Cacher l’ébranlement, ce sentiment, cette tension différente d’avant qui semblent brûler entre vous. Pour mieux repartir à l’attaque, plus tard ?
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Dim 11 Sep - 12:25 | |
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Sa stupeur me ravissait au plus au point, bien que cela paraisse complètement sot. J’aimais surprendre. Peut être car j’étais le premier à m’étonner moi-même de mon comportement? Je laissais soin à mes yeux de parcourir son visage avant de se plonger, se laisser noyer dans son regard si particulier. Ce regard aurait pu me figer. Par sa beauté, et rien d’autre. Mais je n’étais pas du genre inactif, ce m’était tout simplement impossible. Alors je continuais de parler, de m’agiter, comme pour lui montrer que tout allait bien. Pourquoi ce besoin de le rassurer? Je devais plutôt jubiler. Tiens mais…D’ailleurs…Il s’inquiétait ?! Pour moi ?! Je clignai des yeux, littéralement stupéfait. C’était bien l’une des premières fois que quelqu’un d’autre que Quinn flippait pour moi. Quoi que, je pense que Quinn s’inquiétait surtout du fait d’être Sans moi après, pas forcément de ce que je pouvais ressentir ou vivre. Je penchais légèrement la tête sur le côté, un sourire en coin étirant mes lèvres.
Je mis mes mains derrière ma tête alors qu’il semble soudain déchiré par un terrible conflit interne. Son regard, d’inquiet, vira à une étrange colère, comme si il me reprochait de vivre encore. Eh bien quoi? Il est vexé? Roh, il ne peut pas être le plus fort partout… Heureusement d’ailleurs. On ne dirait peut être pas, mais, instinctivement, je sens qu’il peut me battre sur pas mal de domaines. Comme la communication, aussi simple que cela paraisse. Il peut se permettre des phrases détournées, des feintes, jouant avec les mots comme avec les cœurs. Je l’ai vu faire de nombreuses fois. Et cela m’agaçait prodigieusement…Je détestais ça. Qu’il joue avec les autres… Ou qu’il prenne du plaisir à être avec d’autres..? Je n’en sais rien. Enfin, tout ça pour dire qu’en ce qui me concerne, je n’ai d’autres moyens de dire les choses franchement, tout connement car je ne sais pas les dire autrement. On ne m’a jamais appris à mentir. Je n’ai jamais eu ce droit. Alors j’vais pas commencer ou, de toute façon, on va forcément me griller…
Je le fixai une nouvelle fois droit dans les yeux. Ces yeux qui apportaient la Mort. Et pourtant, je ne m’étais jamais senti aussi vivant qu’en sa présence. Ça vous amuse, ça vous fait rire. J’ai surement l’air pitoyable à dire ça, et pourtant, c’est vrai. Cela va faire une éternité que je n’ai pas senti mon cœur s’accélérer ainsi. Les seuls moments où cette curieuse excitation m’envahissait, ce n’était autre que grâce à l’adrénaline, lorsque je me devais de me battre pour mes maîtres, ou à chaque fois que je me retrouvais dans une situation périlleuse. N’en était ce pas une, d’ailleurs? Marsh était comme un prédateur. Habitué à traquer, à terrasser d’une simple œillade. Mais me considérait il comme une proie ? Pouvais-je même en être une? Je ne l’avais jamais été, pour personne… Cependant, il était vrai que Marsh n’était pas comme les autres, il fallait l’avouer. Son âme brisée, fragile, contenait une force incroyable comparée à ce que l’on pouvait croire au premier abord. Quelle était cette force? D’où venait elle? Et ces fragilités qui la déchiraient… A quoi étaient elles dues? Je n’étais pourtant pas quelqu’un de curieux, mais, en sa présence, les questions défilaient, sans fins, comme des perles s’enchaînent sur un fil. Elles m’étaient tellement nombreuses que j’hésitais à les prononcer ou à les garder au contraire pour moi et plutôt m’efforcer d’y répondre par moi-même. Parce que bon, après, il allait croire qu’il était important à mes yeux… Et je ne voulais pas voir son sourire victorieux. Je savais qu’une fois qu’il avait eu ce qu’il obtenait, il s’en allait. En raison des assauts qu’il me menait fréquemment, j’en déduisais logiquement qu’il souhaitait surement à ce que je reconnaisse sa possible supériorité… Une chose que je ne ferai jamais. J’avais besoin de sa voix. De ses moqueries. Je me sentais comme…Normal à ces instants. J’avais la sensation, l’illusion peut être, d’avoir une existence à ses yeux. Il parlait à Finn, pas forcément à l’ombre de Quinn. Et cela, étonnement, me faisait un bien intense. J’existai. J’existai aux yeux de quelqu’un autre que mes maîtres.
J’existai, à ses prunelles sombres, dont l’une d’ailleurs n’était que porteuse de décès. Ma vie s’opposait à ce pouvoir, à cette Mort qui cherchait à m’attraper. Il ne pourrait jamais me supprimer. Il me verrait toujours en vie. Ma vie serait toujours…existante à ses yeux. Mon raisonnement paraît chaotique, mes pensées, plus encore. Peut on pour autant dire que je suis fou? Non, je ne suis pas humain, tout simplement. Ma méthode de réflexion est donc différente. Voilà peut être pourquoi personne n’arrive à me comprendre… Mais Marsh ne fait pas partie de ces êtres. Je me surpris à espérer, stupidement, naïvement, à ce qu’il y parvienne. Après tout, il n’était pas comme les autres, c’était un monstre, un peu comme moi. Un monstre terriblement blessé mais qui a de la force à revendre. Monstre n’est pas forcément un mot dépréciatif, rassurez vous. Après tout, monstre et miracle sont synonymes, mais lui comme moi faisions plus facilement naître la peur qu’autre chose, nous classant ainsi dans la première catégorie.
Je cillai quand il se rapprocha de moi, ayant repris la parole. Je n’arrivais pas à comprendre cette lueur au fond de ses prunelles, fronçant les sourcils à la vue de ses mouvements aussi gracieux mais menaçants que ceux d’un fauve en chasse. Sur mes gardes, je me tendis, vérifiant d’une œillade à ce qu’il ne soit pas armé. Mais, avec une douceur surprenante, voilà qu’il m’oblige à reculer jusqu’à qu’un arbre stoppe mon geste. Je le vis alors incliner la tête, son souffle chaud se glissant le long de ma peau glacée, frôlant les cicatrices horizontales qui traversent ma gorge. Par réflexe, tendu comme un arc cependant, je serrai alors les poings, me surprenant à frémir tout entier. Pourtant, il ne me touchait pas. Pourtant, il ne faisait rien de grave, après tout. Si. Nos corps se collèrent doucement l’un à l’autre. Je n’avais jamais eu une telle promiscuité avec un être autre que mes maîtres. Je baissai alors les yeux vers lui alors qu’il descendait peu à peu hors de mon champ de vision, me donnant l’envie folle de…Je ne sais pas. Lui tirer les cheveux? Le frapper? Le prendre contre moi…? Je ne sais pas, j’en sais rien, me voilà complètement perdu, comme à chaque fois que mes réminiscences de serviteur se mêlent aux pensées de ma personnalité émergeante. Que dois je faire? Qu’ais je envie de faire? Quelle décision ou acte prendre? Ce garçon a décidément le don de me plonger dans une confusion d’où je peine à me sortir. J’ai comme la sensation d’être prisonnier d’un tourbier dont je n’arrive pas à m’extirper. Prisonnier des eaux sombres de son regard qui se redresse vers le mien lorsqu’il se recula d’un pas. Il se veut moqueur. L’attaque est la meilleure des défenses, non? Il tentait alors de cacher son œil tant bien que mal. Dommage. J’aimais le voir. Mais heureusement, il ne parvint pas. Obligé de me fixer de ces deux yeux. Obligé de voir sa faiblesse en face. Pour une fois, j’eus un rire, amusé, à sa réplique. _ Tu sais bien que ce sont les plus mauvaises herbes qui sont les plus résistances… Oui, ça m’arrivait de faire de l’auto dérision. Je me rapprochai de lui à mon tour, mains dans les poches. _ Ne te cache pas. Il n’y a que nous deux. Je plissai les yeux. _ Et ton regard ne me fait rien. Tu parles. Il suffisait à ce que mon cœur s’accélère, à ce qu’une chaleur vienne naître au creux de mes tripes. J’eus un petit rictus pour le provoquer un peu, levant la main pour repousser ces quelques mèches qui dissimulaient ses yeux. _ Ne te cache pas…, je répétais dans un murmure, Après tout…Nous sommes un peu pareils, non? Je reculai ma main. Je n’avais pas envie de lui dire ce que j’étais. Je n’avais pas envie d’avouer que cette apparence n’était rien, comparée à ce que j’étais vraiment. Je pouvais la modifier à ma guise, après tout. Enfin bon, je pouvais comprendre qu’il ait besoin de cacher sa faiblesse… Car cet œil, cet œil dans lequel il mettait toutes ses croyances, était impuissant face à moi. Mes doigts glissèrent le long de sa joue, retirant peu à peu son bandage, remontant le long de son œil dont je longeai les bords du bout des doigts. Emporté par je ne sais quelle envie, je ne sais quel désir, de frôler cette faiblesse. De la garder pour moi. De la protéger. Ou peut être avais-je envie de supprimer sa force? Mais il me surveillait, fronçant les sourcils, devant se demander à quel jeu je jouais. moi-même je ne savais pas, en fait. Et alors qu’il entrouvrait les lèvres, je posai mon index sur ses lèvres entrouvertes. Je baissai les yeux vers lui, me penchai, laissant nos souffles se mêler. Je frôlai ses lèvres des miennes. Elles tremblaient encore. Sous le stress de toute à l’heure? _ ..Nous sommes un peu pareils. Deux âmes perdues. Deux âmes damnées, condamnées à errer, à agonir, sans mourir. Alors nous vivions, avec une rage de vivre commune. Une rage de vivre injustifiée. J’appuyais alors doucement mes lèvres sur les siennes. Le contact doux me surprit un peu, mais me fit un bien étonnant. J’eus envie de rire, amusé, sans que je ne puisse expliquer pourquoi. Mais je me reculai dans un petit sourire, effleurant sa joue du bout des doigts. Dans quel jeu partions nous? Surement à voir qui irait le plus loin… Qui serait capable d’atteindre les limites de l’autre. Qui arriverait à les franchir, à pousser l’autre à bout, à le pousser à se détourner, à fuir, à admettre sa défaite. Ce n’était pas tendre comme raisonnement, pas romantique, pas… Mais c’était terriblement excitant. A la limite du jouissif. Ce jeu me plaisait, me rendait plus curieux que jamais. Je voulais voir. Je voulais voir ce que ça faisait, de jouer, sans que quelqu’un n’intervienne pour m’arrêter…je découvrais un peu ce qu’était la liberté. Guidé involontairement par Marsh, par ses répliques qui m’aidaient à développer mon être, par ses gestes qui m’entraînaient à prendre des initiatives. Par ces regards, qui me donnaient la sensation d’être plus vivant que jamais.
................................................................................................. Merci à Erin pour l'avatar ** |
|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Dim 11 Sep - 18:58 | |
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« Il suffit d’un regard. Seulement d’un regard. » « Mais ça ne marche pas à chaque fois. Et ça ne suffit pas toujours;» « Non. Malheureusement… »…………………………………………………. Tu t’étonnes qu’il n’utilise pas davantage cela contre toi. Tu t’étonnes de sa voix tranquille, des mots qu’il prononce. Ils ont l’air presque rassurant. Presque vrais. On esprit délié vole entre les possibilités, s’arrête sur tant de manipulations, tant de mensonges que tu écartes d’un clignement d’œil. Parce que tu as appris que cela ne lui correspondait pas. Tu lui as trouvé bien des défauts, tu as lancé tant de fois ta langue de vipère contre lui que tu as peu à peu appris à le connaitre. Tu t’y es fait, vaguement. Il fait partie de la vie que tu as maintenant. Et tu sais que la place qu’il occupera maintenant sera subtilement différente d’avant. Sans que tu n’oses encore placer un nom sur ce qu’il se passe, sans que tu ne sois honnête envers toi-même. Ce serait trop t’en demander et ton esprit se déverse de toutes ces futilités, de toutes ces idées avortées, assassinées, sous les certitudes qu’il te reste encore. Avant que tu ne les balayes, qu’il ne les balaye. « Je… ne me cache pas. » Tu sais que tes gestes trahissent tes paroles. Il n’y a aucune honte dans ce que tu peux être. Il y a seulement la certitude que tu dois garder ça secret. L’abomination tapie au plus profond de toi. Le mal que tu peux semer, sans jamais faire autre chose que prendre, ravir, sans jamais rien donner en retour. C’est une constante, toutes les créatures que tu as séduites, tous les humains que tu as brisés, en mille morceaux, sur l’autel de ta tendre folie, tout est né de ce besoin, de cette étrange envie. De ce pouvoir maudit. Et lui, n’y est pas sensible. Lui, peut se permettre de te regarder en face. Tu ne t’y habitues pas, tout simplement. Tu te dis qu’il pourrait à tout moment se figer, rattrapé par sa témérité. Tu ne sais pas encore si cette idée te rebute ou te satisfait. Tu ne veux pas savoir. Et le fait d’avoir à croiser son regard, une fois de plus, te perd davantage. Tu te concentres sur la main qui balaie doucement tes cheveux, finit par se poser sur ta paupière que tu refermes, par automatisme. Son geste est délicat mais tu sens quand même le tremblement de l’appréhension te secouer. Il est capable de tout, tu le sais. Du meilleur comme du pire. Alors tu deviens toi-même statue de pierre, immobile, le laissant caresser ta peau, ce symbole qui semble vous relier d’une étrange façon, aussi longtemps qu’il le veut. Tu retiens un presque un feulement de déception quand il s’en éloigne. La comparaison te fait écarquiller les yeux. Tu as envie de protester, parce que non, vous n’êtes pas pareils, même un peu, que tu ne comprends pas cette idée, que c’en est risible tant vous êtes différents. Vos physiques, votre mentalité, votre façon de faire, tout diverge. Tu es sur que même vos âmes sont contraires. Dans d’autres circonstances, tu aurais eu envie de rire d’une telle idée. Mais tu sais qu’il dit ça sérieusement, qu’il a compris quelque chose qui t’échappe et cela te rend furieux. Tu ouvres la bouche, pour lui demander des explications, sec, prêt à déverser cette hargne que tu ne réserves qu’à lui sur sa silhouette. Mais les doigts sur tes lèvres t’intiment le silence. Tu sens sa peau glacée contre ta chair brûlante tu as envie de les y déloger. Il se répète, doucement et tu te sens faiblir. Le contact de ses lèvres contre les tiennes, tremblantes, t’électrise, autant que son murmure. Tu as un geste instinctif, comme pour happer son souffle, comme pour l’empêcher de fuir mais ton corps se raidit, alors qu’il s’éloigne. Tu vois le défi, dans ses yeux, sur son visage. L’or devient lumière liquide, éclaire son visage à qui tu trouves une beauté nouvelle. Insolente, presque trop rayonnante pour un être tel que lui. Il ne fait que répondre à ta provocation. Tu sens pourtant ton sang s’échauffer, tambouriner sourdement dans tes veines. Tu te dis que ton cœur bat trop fort, que ton souffle est trop court, qu’il devrait pouvoir tout observer et que tu ne veux pas, parce que c’est à cause de lui, c’est lui qui te fait perdre ta confiance en toi. Ta précieuse confiance. Et tu lui en veux, tu t’en veux. Tu essaies de retrouver un calme que tu n’étais pas conscient d’avoir perdu. Tes yeux se fixent aux siens. Ils brillent trop fort, trop intensément, entre la fureur et un sentiment que tu n’aurais aucun mal à reconnaitre. « Que veux-tu dire ? J’aurais donc réussi à être aussi horripilant que toi ? Ou tu fais référence à autre chose ? » Ta voix est moqueuse mais pourtant, tu penses à ce baiser volé. A ce baiser incomplet, imparfait. A ce baiser à reprendre, à ravir sur les lèvres qui te narguent. « Pourquoi as-tu reculé ? Tu as peur ? » Tu réduis à nouveau la distance. Ce nouveau jeu te plait, te fait miroiter des gestes que tu n’aurais jamais pensé user envers lui. Un jeu de chat et de la souris, sans que tu ne saches qui poursuit qui, sans qu’il n’y ait de réelle victime. Seulement des coupables. Tu agrippes son haut pour le tirer vers toi, sans réellement tendresse. « Tu l’as bien dit après tout, nous sommes seuls. »Ta main attrape sa nuque dans un geste désinvolte, pour rapprocher à nouveau vos visages. Tu plonges ton regard dans le sien, suspicieux, inquisiteur. Ce qu’il a pu deviner de toi est suffisant pour qu’il sache que tu ne passeras pas ton tour à ce jeu. Pour qu’il soit conscient que tu perdras difficilement, habitué à ces batailles où les corps deviennent armes, où le plaisir devient poison, où la séduction devient religion. Pour qu’il ait réellement compris ce que son invitation peut suggérer. Tu la saisis, sans aucun doute. Qui es-tu pour te priver ainsi de ce qu’il peut t’offrir ? Tu te surprends à apprécier ce hasard qui a croisé vos routes, même si tu te dis vaguement qu’à un moment ou à un autre, vous en seriez arrivés là. Tes lèvres retrouvent les siennes, pour la seconde fois et ta langue finit par passer la barrière charnue, pour engager une nouvelle bataille. Tes gestes sont précautionneux, prudents, quand tu passes tu poses ta main dans les cheveux émeraude. Tu sais qu’il pourrait mal réagir, te remettre à ta place, te dire que tu te trompes, complètement, jouer une fois de plus de ces apparences que vous seuls semblez voir comme telles. Tu ne paries pas sur ton honnêteté, pas plus que la sienne. Vos âmes vendues, perdues, déchirées, n’auront de cesse de se heurter, dans le bruit des sentiments et des doutes que l’on brise. L’affrontement physique de vos corps n’en est que l’expression matérielle. Alors tu te fonds entièrement dans ce baiser, mordillant parfois ses lèvres, effleurant sa langue de la tienne. Tu t’arrêtes, descends sagement tes mains jusqu’à une épaule que tu gardes serrée dans une poigne ferme. « Est-ce que tu voulais ? Ou plutôt, qu’est-ce que tu cherches à faire ? » Ta voix est basse, à la fois enjôleuse et menaçante. Tu n’aimes pas ne pas comprendre. Tu n’aimes pas te laisser porter par tes envies du moment et te réveiller ensuite, perdu et troublé. Tu as l’impression de sentir encore ses lèvres contre les siennes et c’est suffisant pour te mettre de bonne humeur, pour te rendre compte que tu as aimé ce contact bien plus que tu n’aurais dû. Tu résistes à l’envie de secouer la tête, pour effacer ce qu’il vient de se passer. Même si tu sais que tu en es incapable, que tu te mens. Tu ne pourrais pas annihiler ces quelques instants de ta trop vaste mémoire.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Jeu 15 Sep - 21:41 | |
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Hein? Il ne se cachait pas? Que l’on ne me fasse pas rire. Il ne se cachait pas seulement en apparence. Son âme elle-même tentait de se dissimuler. De cacher les cicatrices qui la blessaient et l’abimaient. Qui croyait il berner? Lui? Son œil n’était qu’une excuse, une marque de son physique qui trahissait belle et bien sa volonté de rester caché. Pourquoi? Il n’était pas spécialement moche, avouons le. Autant dedans qu’extérieurement. Mais bon, ce devait faire partie de son charme, ce mystère qu’il tenait à préserver à son sujet. Réalisait il qu’il en venait à se mentir à lui-même? Surement. Pourquoi persévérait il sur cette voie? Je plissais les yeux. Je ne comprenais pas totalement. Ce devait être un moyen de se protéger. De quoi? De moi? Des autres? Ou bien de lui-même?
Et oui, les questions continuaient leur déluge, s’enchaînant les unes aux autres, mon esprit s’efforçant d’y trouver des réponses. Logiques ou pas, j’avoue qu’il était difficile pour moi de le réaliser. En tirais je du plaisir? De la pitié? Je n’en avais aucune idée. Une sensation grimpait en moi, lentement, surement, une sensation qui suffisait à ce que mon cœur s’accélère, à ce qu’un rictus étire mes lèvres. Cependant, mes doigts fins continuaient leurs caresses, longuement, doucement, le long de sa paupière close. Ce trésor, ce trésor que seul moi pouvait contempler. Pour une fois, j’avais une chose que l’on ne pourrait jamais me dérober, quelque chose à moi, rien qu’à moi. Son regard. Mon cœur se gonflait de joie à cette simple pensée. Je me souvenais encore du contact de ses lèvres figées sous leur surprise, de leur douceur de pêche… Au point où je rêvais d’y mordre à pleines dents. Voir son sang carmin dégouliner sur sa peau de neige. Sur sa peau immaculée. Cette peau blafarde comme un linceul qui recouvre son âme agonisante. La Mort était trop présente en elle pour qu’elle puisse vivre normalement, mais pas assez puissante pour faucher définitivement son existence. Bon sang, n’avais-je donc pas autre chose à faire que me préoccuper de lui? Pourquoi avait il autant d’importance dans mon présent? Hm, surement car il est l’un des seuls avec qui je parviens à échanger sans que Quinn ne soit forcément impliquée. Peut être l’un des seuls qui réalise mon existence, ma présence. J’avais de nouveau le désir à ce que nos lèvres se joignent, à ce que ma langue râpeuse vienne taquiner la sienne, rien que pour le perturber davantage. Je le vis reculer d’un pas, gardant quelques secondes un silence décontenancé, avant de reprendre la parole. Son ton moqueur ne fait qu’agrandir mon sourire. Fais ton malin, tiens. Mais j’entendais sans mal ton cœur qui s’affolait. J’arrivais à lire sans aucune difficulté ton regard qui ne sait plus où se poser. Si tu savais comme tu es adorable à ces instants où le doute t’envahit, où tes bases mentales s’effondrent quelques secondes, avant que tu ne redresses alors précipitamment quelques défenses.
_ T’inquiète pas, t’es bien plus chiant que moi… Enfin si j’en viens à penser que je me suis moi-même insupportable, y’a longtemps que je me serais suicidé, nan?
Chose dont je suis bien entendu incapable. Mais il n’était pas censé le savoir. Il se rapprochait alors de moi, me faisant pencher la tête sur le côté.
_ Hm ? Peur de toi? Et pour quelles raisons? Tu ne peux rien contre moi. Rien.
Combien de fois allais je prendre plaisir à le lui rappeler? En tout cas, je ne m’en lasserais jamais. Je n’appréciais pas forcément la sensation de puissance ou domination, en réalité, mais j’avouais en tirer une certaine jouissance, moi qui passais mon temps à obéir aux désirs d’une autre volonté. Moi qui avais été un serviteur, un être qu’on a constamment méprisé alors que j’avais les pouvoir de les détrôner. Je n’avais jamais eu la patience de compter toutes ces fois où l’on me trainait plus bas que terre, où l’on s’essuyait les mains dans mes cheveux, où l’on me renversait une assiette dessus. Toutes ces fois où l’on riait de moi, où l’on prenait plaisir à me faire commettre toutes les tâches les plus sales et les plus humiliantes qu’il se doit. Si encore ce n’avait été que de changer les marmots et les vieillards, je ne m’en saurais pas encore totalement plaint…Mais j’avais eu pire que ça. Bien pire.
Il m’empoigna soudain par le collet, me rapprochant de lui, me permettant d’échapper à ces souvenirs malsains. Son autre main s’apposa sur ma nuque, m’obligeant à planter mes yeux dans les siens. Je pris plaisir, quelques secondes, à laisser leur obscurité m’envahir, me faire basculer dans une étrange torpeur, comme si j’étais tombé dans un puits. Je levai cependant un sourcil, me demandant si il comptait me foutre un coup de boule. Mais, à la vue de son regard, je compris aussitôt qu’il ne comptait pas me frapper. Enfin, pas littéralement.
Vu mon passé, j’ai du développer quelques tendances masochistes. Car cela ne suffit pas à m’effrayer. Je plissai les yeux au contraire, d’un air volontairement méprisant pour le provoquer. En toute franchise, je ne comprenais pas toutes ces cachotteries, toutes ses ruses et ses feintes. Il se compliquait bien la vie pour pas grand-chose… Enfin, ça devait l’occuper. L’occuper, pour ne pas qu’il se regarde en face. Il est toujours plus facile de se tourner vers les autres, de jouer avec eux, pour ne pas voir à quel point les autres se jouent de nous, pour ne pas voir à quel point nous sommes nous-mêmes dirigées par des douleurs, des traumatismes, ce genre de choses. Peut être étais je plus libre que lui, en réalité. Je voyais clairement quelles chaines me retenaient, je savais parfaitement desquelles je devais me libérer. Marsh lui, ne les voyait pas clairement, ou du moins, refusait de les voir en face et de les affronter. Du moins, j’en avais cette sensation. Quelque chose de doux caressa mes lèvres. Son souffle d’abord. Puis ses propres lèvres qui se joignirent aux miennes, avec hésitation. Puis beaucoup plus d’assurance, bien qu’il ait un frémissement. Je plissai les yeux quand sa langue, curieuse, osa franchir mes lèvres et venir frôler la mienne, avant de se nouer à elle. Je refermai un peu mes mâchoires, bloquant sa langue entre mes dents, appuyant un peu plus que nécessaire, comme comptant lui dévorer la langue. Je me contentais d’y laisser une légère plaie, refermant les yeux quand ses longs doigts fins vinrent se glisser le long de mes mèches. Il sursauta très légèrement quand mes canines blessèrent sa langue, mais ses gestes restaient lents, presque tendres, me laissant un peu surpris, je dois l’avouer. Ses mains se glissèrent jusqu’à mes épaules qu’il empoigna, comme par crainte à ce que je ne le repousse, à ce que je m’en aille, loin de lui.
Il se recula alors et me questionna, encore. Hm? Il ne me comprenait pas, n’est il pas? Eh bien, qu’il se rassure, il était loin d’être le seul. moi-même, j’ignorais ce qui me poussait à agir ainsi. Je fermai les yeux dans un rictus, sachant que cela allait surtout plus le perturber qu’autre chose.
_ C’est plutôt à toi que tu devrais poser ces questions, non?
Je rouvrais les yeux pour le fixer, yeux mi clos comme un prédateur qui s’apprête à jaillir sur sa proie.
_ Tu sais bien que j’suis pas du genre à préparer des coups à l’avance. J’improvise. Toujours. Je fermai les yeux en haussant les épaules. _ Et je ne suis pas censé avoir de volonté propre. Pas comme toi. Je me laisse influencer souvent par les envies des êtres qui m’entourent… Et comme tu l’as dit, nous sommes seuls. Toi et moi. En fait, j’essayais moi-même de comprendre ce qu’il m’avait pris. La seule réponse logique qui me venait à l’esprit, était que je me sois contenté d’obéir à sa volonté. Quoi que, en y réfléchissant, cela me paraissait quand même surprenant. Seule Quinn pouvait m’influencer…Mais pourquoi m’aurait elle poussé à faire ça avec lui? Non, non, ce n’était pas elle… Alors qui..?
Moi ?
Vraiment moi? Je ne savais pas si je devais me réjouir d’avoir eu cette volonté seule. Sans qu’elle ne m’ait été commandée par qui que ce soit d’autres. Enfin, question de fierté, et de manque de confiance en cette hypothèse, j’allais pas sortir à Marsh : Tu as raison, j’avais envie de te faire ça, voire bien plus. Hein? Comment ça, bien plus? Précipitamment, je me hâtai de chasser ces idées de mon esprit. Pourtant, ce genre de choses était loin de me déranger, je les avais même souvent mises en pratique. Même avec des gens qui ne m’attiraient pas physiquement. Alors pourquoi avec lui, cela suffisait il à faire venir le rouge, enfin, le vert à mes joues? Mais je me ressaisis en toussotant.
_ Tu te caches. Sans cesse. Même de toi-même.
Je le fixai droit dans les yeux et souris. _…Mais tu ne sauras pas m’échapper. Ton œil est mien. Ta vision est mienne. Je ricanai, jubilant sans de véritables raisons. Mais soudain, mon rictus redevint un petit sourire paisible, mes yeux jaunes perdant toute cruauté.
_… C’est…la première fois.. Que j’ai quelque chose à moi, rien qu’à moi. Quelque chose que l’on ne me volera pas. Quelque chose pas en rapport avec mes maîtres.
J’eus soudain un petit rire gêné en passant une main dans mes cheveux verts.
_ ça fait… tout bizarre… Je…J’espère…pouvoir garder… ton regard.
Je détournai la tête, mes mèches cachant mes yeux, brusquement emporté par un accès de timidité. Qu’Est-ce qu’il m’avait pris de lui sortir ça?! Bordel, je partais en live, même moi je ne comprenais plus mon comportement. Je devenais complètement imprévisible, incompréhensible. Je me maudis à l’instant même où j’avais prononcé ces paroles. Il allait se moquer de moi, il allait encore me rappeler qu’après tout, il est vrai que je n’étais qu’un serviteur, un esclave, qu’il était normal à ce que je ne possède rien. Je n’avais pas même droit sur ma propre vie…Et je devais paraître bien pitoyable d’être heureux pour si peu. Je me reculai d’un pas avant de lui tourner le dos. Que dire après ça? Si je m’agaçai, il aurait surement l’argument pour me renvoyer cette balle que je lui avais lancée. Et il n’était pas dans mon caractère de faire de tels aveux, hors de question à ce que je continue à dire encore de telles choses! Je me retrouvais pris dans un terrible dilemme, et optai alors pour rester silencieux quelques minutes. Quel crétin j’étais. Bordel. Bordel. Honteux, je rabaissai mon béret devant mes yeux.
Bordel.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Lun 24 Oct - 14:46 | |
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« Tu voudrais les emprisonner, toutes ces choses que tu trouves belles ? » « Pas vraiment. Je veux les libérer. Je veux les sublimer. » « C’est futile. Humain. »
…………………………………………………. La douleur, ton rire qui s’égrène, qui s’envole, qui fuit loin de cette tension qui t’habite. Tu es rassuré, un instant, libéré. Parce que tu comprends que tu n’es pas le seul à douter, que tu n’es pas le seul dans l’incompréhension, à se débattre avec ses doutes. Avec toi-même. Tu te compliques la vie, sans doute, c’est sur, tu ne peux pas t’en empêcher, tu aimes passer à côté du bonheur. C’est ça, ton existence, c’est ça, la mélodie sourde et douloureuse qui résonne à chaque fois en toi. La fuite perpétuelle. L’envie de s’en aller, de ne rien laisser t’atteindre. Tu ne vis que pour un idéal que tu penses pouvoir touché mais tu refuses que l’on t’approche. Tu réfrènes cette pulsion. Tu empêches tes jambes de se détourner, tu empêches ton corps de se raidir pour fuir cette semi-proximité, cet être qui te trouble sans que tu n’aies jamais pensé cela possible. C’est lui, après tout et tu te demandes à quel moment tu as pu laisser ça prendre le pas sur le reste. « Tu en deviens presque insultant. En fait, tu me réduis simplement à cet œil qui est impuissant contre toi. Lui, ne peut rien faire. Mais ne nous confonds pas. »Ta voix est légère, tranquille. Tu as l’impression que pour toi, le plus difficile est passé. Tu as l’impression que tu as pu surmonter, ne serait-ce qu’un peu, cette déferlante de sentiments contradictoires qui bouillonnait en toi. Sublime impression, mensongères impressions. Tu ne tiens rien au creux de tes mains, chaque fil qui peut te relier à lui t’échappe, glisse entre tes doigts entrouverts, se teinte d’écarlate et d’émeraude. Et ils t’emprisonnent, ils te tiennent enfermé. Tu réalises que cela ne te dérange pas. Ta prison est de jade et tu l’acceptes avec fatalité. « Tu te laisses influencer par ceux qui t’entourent ? Tu aurais donc suivi mes volontés ? Tu pourrais faire ce que je veux que tu fasses, à cet instant précis ? »Ton ton se fait dur. Désabusé. Parfois, tu te refuses tout simplement à croire qu’un être comme lui puisse être soumis. La morsure féroce que tu ressens s’apparente à une certaine rage, sans que tu ne saches vraiment contre qui, contre quoi elle est dirigée. Elle t’en fait presque mal, comme un sentiment trop humain et tu luttes contre l’envie de lui dire que c’est stupide, que toi, tu ne voulais pas vraiment ça, que rien n’était prévu, parce que si lui improvise toujours, toi, tu préfères calculer à l’avance et tu ne voulais rien de cela, non mais c’est de sa faute bien entendu, parce qu’il t’oblige toujours à te surprendre toi-même, à t’armer et de mots et de gestes insoupçonnés. Et à chaque fois, à chaque fois… Il semble retourner la situation à son avantage, avec naturel. Avec une sincérité qui te noue la gorge et ses mots s’enfoncent dans ta chair, presque cruels, des lames qui l’écartèlent, qui ne laissent qu’une trainée sanglante, belle, lumineuse sur ta peau blême. Une marque indélébile dans ton esprit. Tu graves chacune de ses paroles dans ton âme, au fer rouge d’une férocité presque palpable. Ton souffle est précipité. Et le timbre de voix éraillé, presque brisé qui s’échappe est le tien. « C’est si simple à faire, pour toi. Tu me dis « Tu te caches. » comme si c’était ma volonté. Tu le sais mieux que quiconque, non ? Que les chaines peuvent être étouffantes, que ce qu’il reste à l’intérieur doit parfois être détourné. Doit être recouvert du voile du mensonge »Tu détournes la tête. Pour cacher un trouble naissant, le rouge qui envahit tes pommettes pâles. Tu as l’impression de voir un gamin heureux, qui découvre quelque chose pour la première fois et la vision te semble douloureusement belle. Imparfaite. Il recèle de tant de surprises et de secrets qu’à chaque fois que tu vois une nouvelle facette, tu as l’impression de sombrer. Et tu ne peux que te raccrocher, à lui, encore et encore, en te rendant compte que tu voudrais qu’il continue à se dévoiler, pour toi, que ce qu’il te dit ne te déplait pas, quoi que tu puisses en dire. « Je ne m’échapperai pas. Je ne suis pas un lâche, quoi que tu puisses penser, tu sais ? »Tu te penches, l’observe, curieux, vraiment, le cœur battant, les mains un peu tremblantes. Tu voudrais les poser sur lui, tu voudrais le saisir, effleurer cette créature qui ne te laisse pas indifférent, qui réveille ces sentiments enfouis. Tu te sens étrangement mélancolique, en le voyant. Comme si tu mettais enfin le doigt sur une chose que tu croyais perdue, disparue. Comme si tout n’avait eu de sens, dans ton existence fanée, que pour arriver à ce moment précis, à ces précieux instants qui s’écoulent dans le sablier du temps. Tu as presque l’impression que les grains s’infiltrent en toi, une poussière d’étoile qui envahit tout le reste, ne te laisse pas d’autre opportunité que de céder, que de répondre, que de rester là, de ne pas fuir, de rester bien ancré sur ce sol. Tu n’es pas de ceux qui affrontent les choses, tu n’es pas de ceux qui font plus que le strict minimum. Tu n’es pas de ceux qui agissent pour se donner bonne conscience. Tu n’es pas de ceux qui aiment, qui veulent protéger, qui se sentent touchés. Pourtant, pourtant… Ta main s’élève, presque par elle-même, face à sa soudaine timidité. Comme si elle voulait l’effleurer, le ramener près de toi. Comme si elle voulait l’emprisonner, pour ne pas qu’il puisse partir, lui aussi. Mais elle retombe, raide. Je ne suis pas un lâche.Vraiment ? En es-tu sur ? Tu secoues la tête, soudain nerveux, soudain trop toi-même pour échapper au cri lancinant qui semble s’épanouir en toi. Tu l’es, tellement, tellement, tu as peur, parce que tu te dis parfois que tu pourrais lui appartenir, que tu pourrais lui offrir davantage que cet œil, que cette vision qu’il semble tant chérir. Je ne suis pas lâche.Non, non, tu ne l’es pas, pas vraiment. Tu es pire alors. Tu es pire, le pire, c’est ainsi, tu as peur, stupidement, de ce que tu pourrais dire, de l’importance que tout ceci pourrait prendre. Mais tu es pris au piège, déjà, tu restes englué dans tes doutes. Tu fixes son dos, la façon dont il se détourne, cette faiblesse. Et tu cèdes à ta pulsion première, tu t’avances, ta main se pose sur une épaule fragile, ton souffle chatouille sa nuque, les cheveux fins qui y reposent. « Peut-être que je le suis un peu, en fait. Mais ça ne change rien. Si tu veux le garder, ce ne sera pas sans conséquences. Il faut un juste retour des choses, n’est-ce pas ? »Tes yeux ne quittent pas la nuque pâle et tu te découvres soudain des envies vampiriques, le désir de morde dans l’épiderme lisse, de sentir sous tes lèvres sa douceur, d’y poser une marque. « Que m’offriras-tu, en échange ? »Un sourire, perceptible même dans sa voix. Il revient sur son terrain. Soulagement. Envie. Sa chute est inévitable.
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|  | |  | Sujet: Re: Droit dans les yeux ; Finn Mar 8 Nov - 14:07 | |
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J’eus un rictus à son rire sans joie. Un rire nerveux. Nervosité qui ébranlait tout mon être, éveillant mes instincts de prédateur. Je ne me nourrissais pas comme un simple être vivant. J’avais besoin d’énergie. D’âmes. De sentiments, de sensations externes. J’étais comme ces plantes qui ont besoin d’une énergie extérieure pour croître. Ce doit être pour ça que ma chevelure a viré au vert… Tant qu’il y aurait l’aura de vie d’un être près de moi, mon cœur battra. Tant que de la souffrance, de la joie se feront sentir, j’arriverais à développer ma personnalité, m’enrichissant de ce qu’il m’entoure. Suis-je donc un parasite ? Je ne pense pas. Pour tout ce que j’ai donné à mes maîtres, on peut bien me permettre ça. Je me retournai à demi, laissant mes prunelles de sable courir le long de son visage. De sable. Sable désertique. Absent de larmes. Absent de tous sentiments. Je l’écoutais, attentivement. Sa voix m’était étonnement agréable. Plus encore quand elle défaillait, quand elle hésitait. Aurais je réussi à le surprendre? Il semblerait… Quelle jouissance. J’eus un rire en fermant les yeux, portant la main à mon front. _ Insultant ? Moi ? Pourtant je ne fais que te rappeler à la réalité.J’écartais mes doigts de mes prunelles étincelantes sous un désir malsain. _ Tu n’es rien. Rien. Juste une poussière. Tu fais partie du Tout, mais tu n’es Rien.Paroles énigmatiques pour tout être autre que Shikigami ou esprit. Je pouvais voir tout autour de moi ce monde empli d’âme, d’existences insoupçonnées, éternelles, contre qui on ne pouvait rien. Même moi je pouvais me trouver démuni en leur présence. Il fallait admettre cette dure réalité, cette terrible vérité qui clame que notre vie ne changera rien. Notre vie n’est pas importante, ce n’est qu’une futilité parmi tant d’autre, sur l’échelle de ce monde. Et je comprenais que Marsh peinait à se faire à cette idée. Me donnant encore plus l’envie de le convaincre. Il n’est pas bon de se bercer d’illusions…Le cœur souffre. Et je ne voulais pas. Je ne voulais pas que ce jour arrive. Ce jour où le voile de ses illusions se déchireraient, laissant ses prunelles emplies de larmes, larmes que je ne pourrai effacer… Autant qu’il pleure maintenant. Qu’il pleure temps que je sois là pour le consoler. _ Que sont nos existences? Pas même les quelques gravillons d’une montagne ! Je riais encore devant sa naïveté. Touchante naïveté. _ Ton œil reste la seule chose qui marque ton inconventionnalité. Sans cela, tu restes un simple être humain. Je me retournais vers lui, lui faisant face, et j’ouvrais mes mains pour montrer que je n’étais pas armé. Enfin, il aurait suffit que je change mon essence pour me retrouver armé d’un bazooka, ou qu’encore, je me transforme en un monstre hideux pour me défendre. Mais je n’en avais pas l’envie. Je ne désirais pas même me protéger. Je me mis à jubiler, imaginant qu’il pourrait se jeter sur moi, déchirer ma peau, ma chair. Libérer mon être de cette enveloppe personnelle qui me retenait, qui me blessait de plus en plus au fur et à mesure du temps qui découlait. _ Et que crois tu pouvoir me faire ? Je ne suis pas une créature matérielle. Ton œil fige. Ton œil immobilise. Tes répliques peuvent ralentir, paralyser les pensées des autres êtres. Mais moi? Que peux tu contre moi? Je ne peux pas être figé, je ne peux pas rester sans mouvement, que ce soit mentalement ou physiquement...Il pouvait… Faire beaucoup de choses. J’avais envie alors de déclarer que sa vie représentait quelque chose à mes yeux. Que pour mon petit monde, son existence avait une importance à ne pas négliger. Une importance que je ne pouvais oublier. Pourquoi? Pourquoi..? Son ton dur me fit refermer légèrement les poings. Il voulait jouer sur les mots. Encore et toujours. Je suis las des jeux d’esprit, des tournures d’âmes et de phrases. Je ne sais pas mentir, de toute façon. J’ai toujours été habitué à agir. Et j’aimerais qu’il en vienne lui aussi à laisser son corps parler. Qu’il me frappe, qu’il me griffe, me morde, me lacère. Qu’il m’éviscère. Qu’il me lave de mes crimes, de ces paroles sales que je lui jette à la figure. Que mon sang coule et efface les plaies que j’ai pu faire à lui, à Quinn. J’aimerais m’éteindre comme une étoile, dispersant ces larmes que je n’ai jamais pu verser, pour effacer les morsures brûlantes que j’ai pu laisser en eux. Je détournai légèrement la tête quand il contre attaqua par quelques questions rhétoriques. Des questions auxquelles je ne savais répondre. Je m’adossais à un arbre, négligemment, mains dans les poches. _ J’en ai franchement aucune idée. Je ne suis pas fait pour avoir des envies propres. Comme je te le répète, il n’y a que toi ici, je ne vois pas qui aurait pu m’ordonner de faire ça. Instinctivement, je connais les désirs profonds des êtres qui m’entourent… Parfois, j’y succombe.J’haussai les épaules. J’assumais parfaitement cette faiblesse de mon être. Faiblesse contre laquelle j’essayais de lutter. Faiblesse que j’avais peut être réussi à battre. _ ça ne me déplait pas, en tout cas. Cela me fait du bien… De répondre au désir des autres. Enfin. Cela soulage un peu mon fardeau, avouais je en fermant à demi les yeux dans un geste de lassitude. Je les rouvris cependant au son de voix de Marsh. Un ton éraillé. Un ton qui fit vibrer tout mon être alors que sa voix glissait à mes oreilles comme un crin de cheval sur les cordes d’un violon. Je sentais toute mon essence s’ébranler, s’étirer, hypnotisée par ce ton fragile qu’il avait eu, quelques secondes, me rappelant Quinn quand elle cherchait à me comprendre, me posant ces questions qui me tenaient tant à cœur bien que je n’en montre rien. Ses paroles me font me redresser, je sentis cette fougue sauvage revenir en moi, renversant mon calme précédent. _ Me cacher? Tu crois que je me cache?J’ai l’impression de rugir comme un fauve. J’ai l’envie de lui donner cette rage de s’affirmer. Cette rage qui me pousse à exister, moi qui suis censé n’être qu’une poupée obéissante. _ Les chaînes doivent être brisées ! Continuais je, portant une main à mon cou, attrapant un collier plus imaginaire qu’autre chose, plantant mes ongles dans ma peau, Elles étouffent. Elles tuent. T’incliner face à elles, c’est crever ! Arrache les ! Brise les ! Pourquoi prenais je tant cela à cœur? J’avais la sensation que mes propres chaînes renforçaient leur emprise sur moi, mon souffle se faisait court, j’avais envie de m’arracher la peau, la chair, puisqu’il ne semblait pas vouloir le faire. Je voulais être libre. Et je savais que ce ne serait pas sans douleur. Que j’allais devoir faire des sacrifices, que je souffrirais surement affreusement. Mais j’étais comme ces loups dont la patte est prisonnière d’un piège. Plutôt me ronger, m’écarteler, me déchiqueter, que rester dissimulé par ces fers qui me retenaient. _ Sinon tu ne seras jamais toi. Jamais entier. Jamais tu ne vivras. Tes chaînes te traîneront dans la boue.Je me forçais a écarter mes ongles de ma chair et je rabaissais la tête en serrant les poings. _ Et tu ne mérites pas ça. T’as pas à te cacher. Aie le courage d’être ce que tu es. Ou jamais tu ne vivras. Tu seras toujours en manque, toujours en besoin. Toujours incomplet, insatisfait. Insatiable.Je m’emballais. Je ne savais pas vraiment ce qu’il me prenait. Je savais juste que mon enfermement était la cause de tout mon comportement, de ma folie qui me taraudait. Je savais que mon rêve restait la liberté. Et je ne comprenais pas comment un être comme Marsh pouvait continuer à rester prisonnier. Je ne savais pas même les raisons de son enfermement. Comment pouvait il rester ainsi, à subir, à courber l’échine? Je ne supportais pas cette idée. _ .. Quand tu es avec moi, ne te cache pas. Ne reste pas enfermé. Ça me faisait mal. Mal de le voir prisonnier, mal de sentir son âme immobile, blessée par ses chaînes. Si je m’écoutais, je les briserais. Mentalement, j’aurais pu le faire, mais je craignais… Les séquelles. Pour Marsh. Je me tus sagement quand il m’affirma ne pas être lâche, mais je levais un sourcil en redressant légèrement la tête dans une attitude de perplexité clairement montrée. Je croisais les bras et me ré appuyais contre l’arbre derrière moi dans un soupir. Le silence retomba alors que je baissais les yeux. Avec… Tristesse ? Je ne sais pas. Mais j’avais mal au cœur. Je me sentais… écœurant. J’avais envie de m’arracher la langue pour ces saloperies que je débitais sans cesses. Pour ces faiblesses que je dévoilais. Je ne me comprenais plus, et cela n’allait qu’en s’aggravant. Était cela, la folie? Mes paroles, mes pensées, s’enchaînaient sans qu’ils n’y aient forcément de lien. J’arrivais même..à avoir un avis personnel. Une chose toute nouvelle. J’avais le savoir d’un vieillard, mais le cœur d’un nourrisson. Ces sensations m’étaient si nouvelles…J’étais totalement perdu, je ne savais comment les interpréter, comment les gérer. Était ce normal? Était ce vraiment…à moi? Et non les pensées et envies de Marsh, de Quinn ou de mes anciens maîtres? Je me sentis trembler. Me raccrochant à ce plaisir que j’avais eu de posséder quelque chose que personne ne me volera. Le regard de Marsh. Je m’apaisai un peu, me concentrant sur cette pensée certaine, bien déconcertante pour un être tel que moi. J’apercevais un mouvement et je me raidis sur le coup. Sa main se leva, me surprenant. Un geste lent, timide. Et non pas pour me frapper. Comme un animal effarouché, j’eus le réflexe de reculer très légèrement mais j’inclinais légèrement la tête. Espérant que ses doigts me frôlent. Que ce contact calme ma douleur. Rende ce corps moins écœurant à mes yeux. Mais non, il se recula. Je me surpris à ressentir mon cœur se serrer. Je préférai me détourner. Je sursautai légèrement quand je sentis quelque chose de doux mais de froid se refermer sur ma peau brûlante. Les doigts de Marsh. Je clignai des yeux et tournai légèrement la tête, frémissant en sentant son souffle chaud caresser ma nuque. Je fermai a demi les yeux dans un sourire en coin que je pris garde de cacher. Le contact ne me déplaisait pas. Tout mon corps semblant envahi de quelques vermines grimpantes et chatouilleuses. _ T’offrir en échange..? J’eus un rire. _ Comme si ton offre à la base avait été sincère… Je levais ma main, emprisonnant sa main dans la mienne. L’envie de planter mes ongles dans sa peau, de la lui arracher. Mes doigts s’arquèrent comme une serre. Mais je me ressaisis, je m’efforçais d’avoir un soupir, mes doigts glissant finalement doucement le long des siens. _ Pourquoi la mienne le serait elle aussi ?Je me retournais finalement, gardant ma main dans la sienne. J’entremêlai nos doigts de force, le forçant à s’adosser à l’arbre qui m’avait servi auparavant de dossier. Je me penchai vers lui, savourant son souffle qui s’était légèrement accéléré. Je le dévisageai, longuement. Pour ma part, je ne respirai même plus. Ce ne m’était pas un besoin vital. Mon cœur se ralentit, comme celui d’un prédateur. _ [color=green]Que puis je te donner ?[/colo] J’inclinai légèrement la tête vers lui. _ Je n’ai rien. Je ne possède pas même ma propre vie. Ce corps n’est pas même le mien. Comment puis je te donner quelque chose ?.. A moins que je ne te rende ce que tu m’as donné. Un cadeau…pas totalement volontaire.Je laissai nos lèvres se nouer. Je glissai mon autre main derrière sa chevelure, l’empêchant de se reculer, l’agrippant par la tignasse, avant de glisser mes doigts le long de ses mèches alors que ma langue franchissait de force le barrage de ses lèvres. Il gémit alors que je mordis ses lèvres, ma langue venant chercher la sienne.. Pour l’entraîner dans une valse tendre. Je m’adoucis, je m’apaisai, le plaquant tendrement contre moi de mon bras libre, caressant sa chevelure. J’hésitais puis je laissais un peu de mon essence glisser entre ses lèvres, se faufiler dans son œsophage.. Il sursauta, s’accrocha à moi, et je m’écartais légèrement dans un sourire en léchant mes lèvres, laissant mon essence se disperser en lui. J’aurais pu le tuer. Il suffisait que je laisse étendre mon essence, qui aurait dévoré son âme comme une tâche d’huile poisse une feuille blanche. Mais non. Je restais calme, elle gisait, sereine, trainant doucement entre les pensées de Marsh sans que je ne fasse l’effort de lire. La seule chose qui m’appartenait restait mon essence. Mon énergie vitale mêlée à mon âme. Je ne lui en avais laissé qu’un fragment, un peu d’énergie liée à une.. Tendresse, cette tendresse qui m’empêchait de le tuer. En gros, rien de bien dangereux pour lui. Mais pourtant, cette offrande avait une grande importance. Nos cœurs bâtèrent à l’unisson, quelques secondes. Je repris ma respiration et, par un effort de volonté, je forçais les poumons de Marsh à en faire de même avant que je lève les yeux vers lui. J’effleurais son visage du bout des doigts. _ Je t’ai donné la seule chose que j’ai. Un peu.. De mon âme. Enfin, si on peut appeler ça comme ça…J’eus un ricanement. _ .. Ça disparaitra dans quelques temps. Et oui, loin de moi, cette offre allait bientôt s’évanouir comme une brume matinale sous le soleil de l’après midi. Je venais l’embrasser dans le cou. Aussi fragile soit elle, elle assurait cependant, pour quelques temps, une liaison entre nos esprits. Pour l’instant, je condamnais mon esprit au sien, mais je pouvais sentir ses pensées tâtonner à l’aveuglette mon âme, semblant maladroites. Pas étonnant. Il resterait un aveugle dans ce monde qui était le mien. Ce monde d’esprits, d’âmes, d’immatérielles, où tout se mêlait, tout se mélangeait dans une danse infernale où l’on finissait par s’oublier, effacé par les torrents de sensations et de pensées qui tourbillonnaient autour de nous. J’avais la force de résister à tout cela, mais pas lui. Alors je prenais garde à conserver son esprit dans l’écran protecteur qu’était le mien, laissant ses pensées caresser timidement les miennes.. M’apportant de nouveaux sentiments qui suffisaient à accélérer mon cœur et à me faire sourire, apaisé, plus serein, posant finalement mon front contre le sien, fermant les yeux en prenant doucement son visage en coupe. Je profitai de ces rares instants. Ces instants de fusion momentanée. Où je ne me sentais plus seul. Bien que je doive accompagner son esprit maladroit dans ce monde inconnu pour lui. Je ne savais pas ce qu’il ressentait. Je n’osais pas encore m’aventurer pour le savoir. J’explorais sans chercher à comprendre ou à retenir les limites de son esprit, de son aura, cherchant à savoir si il pouvait s’ouvrir totalement aux mondes des esprits, ou rester dans celui matériel des êtres humains…Mais il était encore trop tôt pour le lâcher dans cet espace sauvage. Je l’empêchais alors doucement mais fermement d’étendre trop son âme au-delà de son corps, mais lui laissait libre passage dans mon propre esprit… Bien que je lui cachais la grande majorité de mes pensées. Sauf une. Sa vie. Était Tout à mes yeux. Avec celle de Quinn. Ils étaient les seuls dont la vie avait une importance à mon regard.
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