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« Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ]

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CALL ME Invité
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MessageSujet: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Mer 25 Jan - 16:51




« Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. »
Simone DE BEAUVOIR

Le parfum de la tristesse. Vous savez, celui que vous pouvez sentir lorsque vous vous sentez rejeté de tout le monde. Celui que vous sentez lorsque la vie ne semble plus avoir aucune importance à vos yeux. Celui lorsque vous êtes seul, horriblement seul. Le parfum de la tristesse est quelque chose que je ne vous recommande pas. C’est une chose qui vous rend misérable, si bien que vous versez toutes les larmes de votre corps sans jamais être vidé. Le monde entier vous abandonne. Les gens qui vous frôlent ne vous voient pas. Alors que vous, vous aimeriez avoir un peu d’attention. Juste un peu.

Une énième larme chaude roula le long de ma joue froide. Elle s’arrêta au bas du menton, sembla hésiter, puis, dans un battement de cil, fut poussée par une autre, l’entraînant dans le vide absolu. Elle atterrit non sans mal sur une page jaunie par la vieillesse, embaumant l’odeur du vieux roman datant de plusieurs années. La larme s’écrasa sur une lettre pour l’effacer légèrement, s’étalant puis finissant par disparaître dans les pages suivantes, ne laissant qu’une tâche transparente floutée. Une autre larme, sans différence, s’écrasa juste à côté. D’un revers de manche, je m’essuyai le visage, ravagé par le désespoir. Le bras de mon pull était trempé et l’orange vif s’était transformé en du marron orangé. Je devais arrêter de me morfondre de cette façon. Seulement, je n’arrivais pas à stopper mon stupide chagrin. J’oubliais même pourquoi j’en étais arrivée là. Mais je continuais à verser des larmes puis à essuyer mes yeux gonflés par la tristesse. Que m’arrivait-il ? Je ne savais pas. Je ne savais jamais rien, de toute façon. Telle était ma personne. Une fille totalement rongée par un passé lointain et flou. Pourtant, je me souvenais de presque tout. La voiture de police, les hommes en noir, mes parents. Il restait une seule chose que je n’arrivais pas à me remémorer. Mais je devais me rendre à l’évidence : le sang sur mes vêtements prouvait ce que j’avais redouté. Et cette scène d’horreur me revenait chaque nuit en tête, à en faire des crises de folie. Pourquoi étais-je comme ça ? Pourquoi avais-je ce stupide pouvoir ? Pourquoi moi plutôt qu’une autre ? J’avouais ne pas comprendre. Je sortis un mouchoir de la poche de mon jean pour vider mon nez dans un seul souffle mouillé. Mes yeux étaient rouges à cause de toutes les larmes versées, mes cils gorgées d’humidité. Le trait noir qui soulignait mon regard était parti avec l’eau, étalant un peu de maquillage sur mes joues pâles. J’avais le teint livide. J’essuyai encore une dernière larme avant de plonger ma tête dans le creux de mes bras. Je pouvais sentir la manche mouillée frotter contre mon front mais cela m’était égal. Les genoux pliés, mes fesses posées par terre, le dos contre l’étagère géante en bois, j’étais seule. J’entendais au loin des pas, à quelques rayons de là. Cela m’était égal. Je reniflai un bon coup avant d’ouvrir les yeux entre mes deux genoux. Je voyais le sol en marbre à quelques centimètres à peine. Je pensais à plusieurs choses en même temps. Des choses noires, des mauvaises choses. Ressasser le passé ne servait à rien, mis à part à se détruire intérieurement. Je reniflai encore une fois. Légèrement cette fois-ci. Une personne semblait approcher. Des pas légers, probablement ceux d’une fille. Je n‘avais pas la force de bouger, ni de relever la tête. Elle penserait certainement en me voyant, que j’étais une stupide pleurnicheuse et continuerait sa route. Le bouquin qu’elle rechercherait serait évidemment derrière moi et je devrais me pousser. Comme d’habitude. J’étais inutile ; c’était ça la source du problème et de mon grand chagrin. D’ailleurs, en parlant de bouquin, le mien était resté ouvert juste à côté de moi. « Les amours de Rosie ». Un truc pourri à l’eau de rose. Qu’est ce qui me prenait de lire ça ? A quoi ça servirait, mis à part me faire pleurer ? Les pas se rapprochaient lentement mais sûrement. J’étais planquée tout au fond de la bibliothèque du pensionnat, dans le dernier rayon. Pas de doute, cette personne venait par ici. J’essuyai mon visage avec l’autre manche de mon pull pour reprendre mon livre en main, reniflant un peu de la narine gauche.

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CALL ME Midona Scarlett
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MessageSujet: Re: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Mer 25 Jan - 18:01



Toutes les filles naissent princesses ...

Les rêves font vivre. Certaines personnes pensent que les illusions sont des choses stupides qui ne servent qu'à bercer les enfants. Les gens sérieux, toujours les plus ennuyeux, ne cessent de souffrir dans un monde dénué de couleurs et d'espoir. Et ça, Midona ne voulait pas l'accepter. C'était bien pour ça qu'elle s'était rendue dans cet endroit mystique, à l'odeur d'encre de chine et à la couleur du papier. La bibliothèque. Si il y avait bien un endroit, ne serait-ce qu'un seul, dans lequel la petite humaine pouvait sentir toute la notion du mot « sérénité », c'était bien celui-ci.

Guidée par la sensation de paix qui emplissait la pièce, la jeune fille se dirigea vers un premier rayon, celui qui avait le moins de lecteurs, celui des contes et des fées. Respirant l'odeur surette du papier jauni, elle s'assit par terre, et commença par lire la première page, qui commençait inlassablement par « Il était une fois ». Ce livre, elle l'avait lu, relu puis encore lu, jusqu'à ce que chaque mot soit profondément ancré dans son âme. Ainsi, elle avait pu se forger ses propres idées et ses propres rêves à partir de cet unique ouvrage. C'était pour elle sa source, son cœur, et probablement un de ses plus fidèles amis. En même temps, comment pouvait on reprocher à cette humaine au don d'illusionniste de rêver ? Elle était née pour ça, et tout ce qui émanait d'elle le prouvait. Ses yeux vairons, sa peau blanche et ses cheveux azurés, ainsi que sa longue robe bleu de nuit qui l'emmitouflait alors. Elle n'était que rêve. Et c'est en s'endormant qu'elle acheva de se transformer en songe.

C'était une de ses habitudes, de piquer du nez devant un bouquin, juste avant le goûter. Son sommeil ne durait généralement que quelques minutes, et elle ne tarda pas à s'éveiller, chantonnant gaiement une petite comptine dont l'air ne venait d'on ne sait où.

« Un jour quelqu'un m'a dit, que toutes les filles étaient pareilles, qu'elles rêvaient toutes de raviolis et qu'elles avaient de belles oreilles. Ô jolies filles, vous êtes les princesses d'aujourd'hui ... »

Elle continuait de chanter sa ritournelle des plus étranges, tout en errant dans la bibliothèque, les froufrous de sa robes se trémoussant, et ses pas légers résonnant sur le marbre lisse. Puis elle entendit quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Des sanglots étouffés, et des bruits de reniflements. Elle ne se dirigea pas intentionnellement vers ces bruits, non, mais en errant, de fil en aiguille, elle aperçut une forme orange recroquevillée sur elle même. C'était une jeune fille, et Midona se demanda soudainement la cause de ses pleurs. Peut être qu'elle avait faim ? Après tout, pourquoi ne pouvait-on pas pleurer si ce n'était pas de faim ? Se déplaçant tranquillement, la petite bleuette arriva juste derrière l'orange. Puis, mettant ses mains sur les joues de l'inconnue, qui étaient glacées, elle protesta de sa voix fluette :

-Ah non non non ! Ca ne va pas du tout. Tu es une princesse, alors tu ne dois pas pleurer. Car si tu pleures, que va-t-il advenir de ton royaume ?

La faisant se retourner, Midona commença à tirer sur ses joues, plantant son regard bicolore dans celui de la pleureuse, dont les yeux étaient rougis par les larmes. Et sans crier gare, elle alla farfouiller dans son sac, sortant une sucette grosse comme son poing, et la tendant à cette « princesse » elle ajouta :

-Mais peut être as-tu seulement faim ? Après tout, il est vrai que les temps sont durs.

Elle resta là, à la fixer, avant de lui sourire. C'était un sourire éclatant, surprenant, et nul n'aurait pu douter de sa véracité. Il était authentique et pur, et il était bel et bien destiné à l'orange. A vrai dire, de multiples questions brûlaient les lèvres de Midona. Mais elles étaient toutes farfelues et absurdes, et avec le temps, elle avait bien compris qu'il fallait mieux se taire. Mais se taire, c'était vraiment trop difficile, surtout pour le moulin à parole que peut être Midona de temps à autre. Alors, elle ne put s'empêcher d'ajouter.

-Je m'appelle Midona. Je ne suis pas une princesse, alors je ne sais pas trop quoi faire pour t'aider, mais euh... si tu veux quoi que ce soit, je pourrais peut être t'aider.

Tendant la main, elle alla essuyer une larme qui coulait toujours sur la joue de cette fille, et commença à l'examiner soigneusement, la regardant comme si il s'agissait d'un joyau. Une larme de princesse. C'était là pour Midona un trésor dont elle n'aurait jamais osé rêver.



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CALL ME Invité
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MessageSujet: Re: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Jeu 26 Jan - 18:14

« Ah non non non ! Ca ne va pas du tout. Tu es une princesse, alors tu ne dois pas pleurer. Car si tu pleures, que va-t-il advenir de ton royaume ? » Les mains glacées et étonnamment petites de la jeune fille s’étaient posées sur mes joues pâles comme par magie. Je ne l’avais pas encore vu et à peine avais-je levé vers elle mes yeux larmoyants, qu’elle me tirait le visage comme s’il avait été en plastique. La plupart des grands-mères ou des vieilles dames en général faisaient ça aux enfants de leur famille en bas âge. « Mais peut être as-tu seulement faim ? Après tout, il est vrai que les temps sont durs. » Je restai là, sans bruit, retenant presque mon souffle, alors que la nouvelle arrivée me parlait sans que je n’en comprenne un seul mot. Mes yeux plongés dans les siens, nous restâmes bien une minute en silence, à nous dévisager mutuellement. C’était une adolescente minuscule, aux traits gamins et enfantins. Elle portait une adorable robe bleue, de la couleur de ses cheveux courts. Son regard m’étonna et semblait même me paralyser. Un œil rouge et un œil turquoise. Effrayant mais captivant, je profitai de ses magnifiques pupilles quand elle stoppa ses gestes puis relâcha d’abord mes joues. Tout chez elle semblait sortir d’un conte de fée. Ses mains potelées, son regard pétillant, sa façon de vivre à deux à l’heure. Je ne pouvais détacher mes yeux de sa silhouette si mignonne. Elle baissa les yeux pour sortir de son sac…. une sucette. Une sucette énorme, rouge et brillante, prouvant qu’elle avait été caramélisée bien correctement. Je profitai de ce cours instant de répit pour essuyer mes yeux avec mes poings, puis je fus surprise de voir que cette sucrerie ô combien alléchante. Des étoiles dans les yeux, je saisis le bâton blanc avec une immense précaution avant de prononcer les premiers mots depuis belle lurette :

« Merci.»

Rien de plus. Trop fatiguée et interloquée pour dire quoi que ce soit d’autre. La voix légèrement enrouée, presque inaudible, j’aurais voulu me jeter dans les bras de cette mystérieuse demoiselle. Tout en elle me donnait envie de pleurer de joie : sa petite voix fluette, sa générosité inattendue et surtout, le fait qu’elle vienne me parler sans qu’on ne se soit jamais vues. Je replongeai mon regard dans le sien. Penchée au dessus de moi, elle me fit un grand sourire. Le genre de sourire franc et jusqu’aux oreilles, qui montre le degré d’amitié qui nous lie avec des personnes. Ici, il était certainement au summum.

« Je m'appelle Midona. Je ne suis pas une princesse, alors je ne sais pas trop quoi faire pour t'aider, mais euh... si tu veux quoi que ce soit, je pourrais peut être t'aider. »

Soudain, sans l’avoir prévu, je fondis en larmes. Je me rabattus brusquement vers le sol, ma main plaquée sur ma bouche. Je restai dans cette position avant de respirer puis de relever la tête. Une de mes larmes coulait un peu en travers de ma joue et la jeune fille la recueillit sans bruit pour l’examiner du bout du doigt. Quel curieux personnage. Elle la tenait à un centimètre de son œil. Concentrée comme si sa vie en dépendait, elle fixait la goutte, immobile, clignant des cils de temps à autre. Quand à moi, j’observai sans faire un seul bruit, impressionnée. Complètement envoûtée par cette présence bienveillante, je lui répondis sans bouger ne serait-ce qu’un cil :

« Je… Je m’appelle Rina. »

C’était sans doute très peu, mais je n’avais pas envie d’en dévoiler plus. Il y a à peine quelques minutes, j’étais seule et je broyais du noir. J’étais à présent en train de faire connaissance avec cette ravissante fille au visage poupon. Midona… Quel joli prénom. Un prénom qui lui correspondait parfaitement, à vrai dire. En revanche, son histoire de princesses m'intriguait mais je ne cherchai pas à aller plus loin ; sans doute était-elle un peu folle sur les bords... Je ne laissai même pas dix secondes avant d’ajouter, la voix tremblotante :

« Non… Ca va... Personne ne peut comprendre ce que je ressens... »

Sentant le désespoir m’envahir de nouveau, je me remis à pleurer comme précédemment, puis je pris mon visage dans mes mains, posant le livre et la sucette rouge dans un geste brusque, juste à côté de moi. La sucrerie roula sur vingt centimètres tandis que je pleurais à chaudes larmes. Mes sanglots étouffés, je n’avais plus honte. Me montrer dans cet état devant Midona ne me gênais pas. Elle pouvait bien penser ce qu’elle voulait, je m’en contre-fichais. A moitié en train de sangloter, je repris pour la dernière fois avant de replonger dans mes pensées néfastes :

« Excuse-moi de pleurer en ta présence... »
.................................................................................................

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CALL ME Midona Scarlett
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MessageSujet: Re: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Sam 28 Jan - 18:03



L'eau, c'est le mal.

La bibliothèque était muette comme une tombe, comme si il s'agissait d'un endroit des plus religieux. Seule la voix de Midona semblait raisonner clairement dans chaque recoin de la pièce, comparée à celle de l'inconnue, tremblante et cassée. Merci. En toute princesse, la demoiselle l'avait remercié poliment, attrapant la sucette avec mille étoiles dans les yeux. C'était ça alors. Elle avait seulement faim. Le joyau avait glissé le long du doigt de Midona, avant de s'insérer dans sa peau. La jeune fille fit une moue déçue, avant de reporter son attention sur l'inconnue, qui ne parlait plus. Ce qui l'inquiétait grandement. Je… Je m’appelle Rina. Midona soupira de soulagement, hochant doucement la tête lorsqu'elle se présenta. Rina. C'était joli, et ça sonnait comme une douce mélodie. Ca lui convenait parfaitement, s'accordant à ses longs cheveux roux et à ses yeux d'un chocolat profond. Midona approuvait ce nom, et l'adulait même. Mais cette réaction était de coutume pour elle. Puis tout à coup Rina s'immobilisa, et commença à suffoquer, s'étouffant de nouveau dans une mare de larme. Elle avait tout lâché brusquement. Le livre à l'air barbant était tombé avec un bruit mat sur le sol, tandis que la sucette s'était mise à rouler, un peu plus loin. Midona se figea. Tout lui parut tout à coup flou.

Non… Ca va... Personne ne peut comprendre ce que je ressens...

Elle n'entendit rien. Ni les excuses ou les protestations de la jeune fille en face d'elle. Son regard était devenu flou et son visage pâle était devenu couleur de craie. À croire qu'elle était sur le point de vomir, ou de pleurer, ou tout simplement de s'évanouir. Une sonnerie retentit. C'était celle qui annonçait la reprise des cours pour certaines personnes. Mais le bruit strident ne fit même pas sursauter Midona. Elle était devenue poupée. Nul n'aurait été capable de dire combien de temps elle était restée là, sans respirer. Puis tout à coup, elle fit de grands pas vers la sucette, l'attrapa d'un geste lent avant de se retourner brusquement et de se laisser tomber au sol. Elle se tenait à présent à la même hauteur que Rina. La brume qui recouvrait son regard s'estompa et ses yeux redevinrent clairs et limpides. Ils se replantèrent dans ceux de Rina, une lueur malicieuse brillant en leur sein.

Elle lui attrapa le nez, et le tira vers le haut, de façon à planter la sucette dans sa bouche. Cela avait été réalisé sans intention violente, bien sûr, mais c'était brusque et surprenant. Puis souriant de nouveau, Midona l'attrapa avant que celle-ci n'ait eu le temps de réagir et la serra contre elle, comme s'il s'agissait d'un doudou ou d'une grosse peluche dodue, enroulant ses bras autour de son nouveau sujet de torture. Lui caressant les cheveux elle ajouta en riant :

- Ca c'est pour avoir dit des bêtises. Et c'est pour avoir essayé de gâcher de la nourriture.

Elle releva sa tête jusque là enfouie dans le cou de Rina puis ajouta, avec un grain d'indignation dans la voix:

- Non mais ! Depuis quand pleurer est un crime ? Pleurer tout seul, c'est vrai que c'est pas bien, mais je suis là non ? Donc si tu pleures, je pleurerai avec toi. C'est à ça que ça sert des amis non ? Bref, tu vas me raconter tout ce qui te tracasses, sinon je ne te lâcherai jamais.

Mettant la tête sur le côté, elle se mit à dévisager de nouveau la jeune fille, avant de lui renvoyer un autre sourire, qui mélangeait gentillesse et espièglerie. Elle était heureuse d'avoir rencontré qulqu'un et le qualifiait déjà d'ami. Parce que pour elle, tout était beau et gentil, et tous les gens étaient amis. Midona se mit à tapoter la tête de Rina, comme on pourrait tapoter la tête d'un chien, avant d'ajouter une ultime affirmation.

- Et puis, tu sais, il me semble que toutes les personnes ici ont des problèmes, et ce n'est pas en pleurant à longueur de journée qu'elles les adoucissent. A commencer par moi. Mais je t'accorde que ma vie n'est pas des plus passionnantes. Bref, pleurer c'est mal, les larmes c'est mal, parce que ça te dessèche tes yeux et ton coeur. Tu n'as pas envie d'avoir un coeur tout rabougri ?

Elle hocha la tête d'un air résigné, et se remit dans le cou de Rina, se blottissant de toutes ses forces, lui écrasant les côtes au passage.




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CALL ME Invité
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MessageSujet: Re: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Ven 3 Fév - 17:39



Je ne remarquai même pas Midona qui reprit la sucette d’un geste habile et souple. Essuyant mes larmes, je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez rouge avec mes yeux flous. Ma tristesse s’était amplifiée, néanmoins, je sentis que je reprenais peu à peu courage. Je n’avais ni l’envie ni la force de m’effondrer comme je venais de le faire et j’espérais qu’aucune pensée néfaste n’emplisse mon esprit à nouveau. La fillette se laissa tomber au sol tel un vulgaire objet. Elle tint la sucrerie d’une main et prit mon nez de l’autre. Surprise, je fis un mouvement en arrière mais je me détendis lorsque je vis son regard coquin et malicieux. Elle m’enfonça la sucette dans la bouche sans que je n’eus mon mot à dire et je sentis pour la première fois depuis longtemps le goût sucré et légèrement fruité de cette merveille caramélisée. « Ca c'est pour avoir dit des bêtises. Et c'est pour avoir essayé de gâcher de la nourriture. » Étonnée à la fois par sa bonté et son originalité, j’eus envie de pleurer de joie. Moi ? Trop émotive ? Oui, je pense. Même si la plupart du temps je m’enfermai dans un corps qui n’était pas le mien et que je jouais en permanence à faire semblant. Touchée par cette façon de ne pas s’intéresser au côté triste de la force, je me serrai encore plus dans ses bras. « Non mais ! Depuis quand pleurer est un crime ? Pleurer tout seul, c'est vrai que c'est pas bien, mais je suis là non ? Donc si tu pleures, je pleurerai avec toi. C'est à ça que ça sert des amis non ? Bref, tu vas me raconter tout ce qui te tracasse, sinon je ne te lâcherai jamais. » Dit-elle sur un ton faussement indigné qui se voulait avant tout réconfortant. Des étoiles plein les yeux, je la dévisageai en même temps qu’elle. Midona se mit à me tapoter le haut du crâne en signe d’attachement et de gentillesse. Je pense que si elle n’était pas apparue miraculeusement au milieu de l’allée, vêtue de ses dentelles bleues, j’aurais continué à me morfondre encore longtemps. Elle me considérait déjà comme une de ses amies… « Et puis, tu sais, il me semble que toutes les personnes ici ont des problèmes, et ce n'est pas en pleurant à longueur de journée qu'elles les adoucissent. A commencer par moi. Mais je t'accorde que ma vie n'est pas des plus passionnantes. Bref, pleurer c'est mal, les larmes c'est mal, parce que ça te dessèche tes yeux et ton cœur. Tu n'as pas envie d'avoir un cœur tout rabougri ? » Reprit-elle sur un ton assuré. Elle replongea sa tête dans mon cou pour me faire un ultime câlin de réconfort. J’en avais eu bien assez pour aujourd’hui et cela me suffit à vouloir tout lâcher. Pour en sortir plus libre, soulagée de ce fardeau. J’essuyai mes yeux, mes joues, je mis ma main pour soulever ma mèche tombée sur mon visage et, décidée, j’ouvris la bouche pour raconter mon histoire.

« En fait, c’était y a longtemps. J’ai été envoyée ici parce que…. » Je pris une bouffée d’air puis repris : « Je… J’ai tué quelqu’un inconsciemment. » Ces mots cruels sortant de ma bouche me firent l’effet d’un coup de massue. Mais je continuai, prête à tout avouer : « Ma nourrice a été retrouvée dans le jardin, morte, alors que je n’avais même pas douze ans. J’ai fuis, loin, très loin. Je me suis retrouvée ici. » J’avais décidé de raccourcir un peu, la vraie aventure étant trop longue et trop difficile à raconter d’une traite sans lâcher un sanglot. « Vois-tu… Les nuits de pleine lune, je suis une bête. » Je finis mon monologue sur ces paroles significatives et reniflai un bon coup pour évacuer ma douleur. Je me sentais plus libre à présent. Confier tout ça à quelqu’un était une épreuve dure et Midona était la personne avec un grand P. Il me restait une seule chose à dire pour conclure : « Voilà la raison de mon immense tristesse. J’ai tellement peur d’ôter la vie à nouveau ! » Et, la sucette dans la bouche, je baissai les yeux et me mouchai péniblement.
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MessageSujet: Re: « Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ] Aujourd'hui à 1:12

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« Dans toutes les larmes s'attarde un espoir. » [ Midona & Rina ]

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