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BACKGROUND
It's the end when I begin
Dans cet établissement pas de discrimination, tout le monde demeure sur un pied d’égalité : vampires, humains, loup-garous, succubes et autres créatures. Pour ce faire il est naturellement obligatoire de conserver une forme humaine. Marre du monde des humains où vous vous sentez à l’étroit, mal à l’aise ? Il vous manque simplement la liberté. Le pensionnat est là pour vous. Nous saurons vous trouver où que vous soyez et qui que vous soyez.Cependant derrière tout ces aspects d’égalité et de liberté les plans se trament et la tentation de hausser sa race en influence au sein de l’établissement apparaît. Les tensions montent secrètement et lentement entre les différents individus et l’odeur âpre de la confrontation entre celles-ci commence à ce faire sentir. Sous des airs angéliques vos voisins de table peuvent très bien vous haïr. Tout n’est que voile et mensonge. Maintenant à vous de faire votre entrée, qui que vous soyez, quoi que vous soyez. Continuerez vous le jeu malsain qui se joue dans l’établissement ou vous dresserez vous contre celui-ci en faisant éclater la vérité au grand jour ? Saurez vous passer « de l’autre coté » ?
DA NEWS & CIE
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« Looks like it's dinner time. » ▬ Ft. Nyu

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CALL ME Faust A. Salvatore
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MessageSujet: « Looks like it's dinner time. » ▬ Ft. Nyu Dim 5 Fév - 12:06



I'm Hungry.
« Nyu Kyumoe & Faust A. Salvatore »

Les fringales de minuit, vous connaissez ? Vous devriez, en tout cas, ou alors vous êtes bien jeune et n’avez que très peu vécu, c’est bien là la seule explication que je puis entrevoir. Mais si, voyons c’est cet instant au beau milieu de la nuit où vous vous réveillez, ou alors lorsque vous n’avez pas encore fermé les yeux, avec cette curieuse sensation qui vous tenaille l’estomac. La faim. Faim qui vient ronger votre corps de l’intérieur, petit à petit, se glissant dans vos veines, s’insinuant dans votre cerveau, tel un poison vicieux. Il ne s’arrêtera pas avant que vous ne cédiez. Avant que vous ne vous leviez pour jetez un œil au frigidaire entreposé dans la cuisine. Armoire glaciale et imposante où vous trouverez votre bonheur, ou du moins quelque chose pour apaiser le monstre qui est en vous. Il se terrera alors au fond de vous, rassasié pendant un temps, vous laissant un peu de répit pour vous plonger dans les bras de Morphée. Mais il reviendra encore et encore et il triomphera de vous encore et toujours et ce jusqu’à vos derniers instants. Il sera toujours là, tapi dans l’ombre, attendant son heure.

Peut-être même, ira-il même jusqu’à vous hanter après votre mort, où il se trouvera légèrement métamorphosé mais toujours présent. Aussi tenace que jamais. Comme dans mon cas, puisque je cohabite avec lui depuis plusieurs centaines d’années et ce n’est pas près de changer. En effet, lorsque l’appel du sang se déclenche chez moi, ce petit aller-retour jusqu’au réfrigérateur, prend une tournure légèrement plus glauque et plus ardue également. Puisque malheureusement pour moi, ou un autre de mes congénères, le pensionnat ou moi-même ne possède pas une chambre froide où elle entrepose des réserves de sang pour ce genre de situation. Dommage, n’est-ce pas ? Enfin je suppose que vous, vous vous en foutez, après tout vous pouvez vous contentez de nourriture que, par excès d’orgueil vous qualifiez de "normale", que vous pourrez aisément vous procurez dans la cuisine de cet endroit. Du moins, si j’étais encore humain, je pense que je réagirais comme ça. D’un autre côté, si je l’étais resté, je serais déjà mort depuis plus de deux siècle, enfermé dans un vulgaire cercueil enterré sous terre, ce qui ne serait pas très drôle, vous en conviendrez.

Alors pour conserver ma jeunesse, ma beauté, ainsi que les autres avantages de ma race et accessoirement ma vie, me nourrir du sang des autres était un petit prix à payer, si vous voulez mon avis. D’ailleurs, je suis convaincu que bien des gens envient mon statut et ferait bien des choses pour être à ma place. Mais ça c’est une autre histoire. Revenons donc à mon parcours du combattant pour parvenir à satisfaire ma soif. Car oui, en cette belle nuit de février, peu après mon réveil, un peu plus tôt dans la soirée, fidèle à mes habitudes de créature nocturne, ma gorge s’assécha presque soudainement, commandant l’ordre à mon cerveau de se dépêcher de trouver quelque chose à mettre sur les crocs. Témoins de désir infortuné, mes yeux jusqu’alors d’un doux or liquide vira subitement à un cramoisi couleur hémoglobine, qui possédait même cette formidable habilité de briller parmi les ténèbres. Charmant, n’est-ce pas ?

En on petit vampire, je me mis donc en quête d’une jolie victime à saigner. Cependant, le problème lorsque vous viviez la nuit, c’est que la plupart des créatures diurnes sur lesquelles vous vous nourrissez, se sentent obligés de dormir pendant que vous, vous avez faim. Quelle bande de sales petits égoïstes, à croire que leurs mères ne leur ont jamais appris qu’il fallait être généreux dans la vie. Ah ces jeunes ! Ce n’est plus ce que c’était... L’éducation non plus d’ailleurs. De ce que j’en avais vu, cela allait de mal en pis. Mais passons. Revenons donc à ma quête pour le sang frais. Rien de meilleur que de boire directement à la source, comme l’avait dit cette chère Georgia peu après ma transformation.

Les couloirs du pensionnat étaient déserts, à croire que tout le monde s’était rendus à une fête à laquelle je n’étais pas convié, ou ils faisaient tous exprès de se planquer parce qu’ils avaient senti on ne sait comment que j’avais faim et qu’il fallait me faire chier. L’un comme l’autre, rendait ma situation carrément frustrante. Raah, c’qu’ils sont chiants. Toujours là, alors que vous n’en avez point besoin et jamais là quand on a besoin d’eux. Pire que les flics. Désolant.

Je finis par déboucher dans cette cour intérieure, qui était, à mon grand regret, comme tous les endroits que j’avais visité, sans âmes qui vivent. Ainsi, bien que l’endroit était visiblement entretenu, il me faisait l’effet d’une cour d’asile de fou désaffecté, morne et sans vie. J’allais rebrousser chemin, lorsque soudain, j’entendis un bruit. Au début, je crus à une sorte de mirage sonore, à l’image de ces promeneurs du désert à la recherche d’oasis. Mais c’était bel et bien des bruits de pas qui venaient dans ma direction. Un sourire carnassier étira mes lèvres, s’accentuant lorsque je reconnus la senteur familière du nouvel arrivant. Une certaine jubilation m’envahit, celle-là même que vous ressentez lorsque tout ce déroule exactement vous vous l’aurez voulu. Dissimulé dans l’obscurité, j’attendis qu’il se soit assez avancé, avant de me glisser sournoisement juste derrière lui, cachant ses yeux à l’aide de mes mains, geste certes puéril, mais ô combien amusant.

    « Devines qui je suis... » murmurai-je, à son oreille.



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CALL ME Nyu Kyumoe
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MessageSujet: Re: « Looks like it's dinner time. » ▬ Ft. Nyu Lun 6 Fév - 10:32

Cauchemar.


Ce genre de cauchemar qui vous tire hors du sommeil comme lorsqu'on vous tire par le bras. Ce genre de cauchemar qui vous laisse à bout de souffle, haletant, pris par une terreur contre laquelle vous ne pouvez rien, une angoisse viscérale qui vous grimpe le long de votre échine, qui vous noue les tripes et vous écrase le cœur. Vous êtes alors incapable d'ouvrir les yeux, incapable de vous assurer que vos songes sont bien restés enfouis dans votre inconscient. Vous craignez qu'ils n'aient pris vie, qu'ils n'attendent qu'à ce que vos prunelles se ferment ou, au contraire, s'entrouvrent pour sortir de leur antre et s'approcher de vous. Vous en venez à sentir leur présence, à entendre leur respiration, à sentir leur souffle plus ou moins chaud sur votre peau. Pauvre petit Nyu, le voilà tout tremblant, à peine émergé d'un de ces songes affreux. Misérable petite créature tremblante, blottie au fond de ses draps, cherchant à se dissimuler dans le nid de ses couverture. On t'entend gémir, on te voit t'agiter, te tortiller, comme un vulgaire poisson jeté hors de l'eau. Tu devrais pourtant avoir l'habitude. Tu devrais avoir l'habitude à ce qu'on te veuille du mal.. toi qui es le premier à le chercher. Avec ta bouille d'ange, ton sourire, tes yeux brillants... Mais ta sale curiosité de fouine. Ta mauvaise manie de vouloir tout savoir pour le tourner à ton avantage. On t'a déjà dit d'arrêter, on a déjà cherché à te prévenir, à te détourner de ta voie. Alors pourquoi ne cesses tu pas ? Pourquoi ne forces tu pas ta curiosité à se taire ? Mais on ne peut pas comprendre, d'après toi. Tu sais que tu ne peux pas lutter contre, tu es surement encore trop jeune, pauvre petit Kitsune. Tu n'as pas la raison et la prudence d'obliger à ta soif et à ta faim de se tarrir, ce besoin viscéral qui te pousse à te nourrir des autres, à te nourrir de ce qu'ils te disent, de ce qu'ils sont.

Il est vrai que tu n'es qu'autre qu'un esprit du feu. Tu as besoin de combustible pour que ton essence continue de brûler en toi. Ton essence ? En d'autres termes, il s'agit de ton âme, de ton esprit... Tu es une créature immatérielle avant tout, ton corps n'est qu'une illusion dont tu te pares pour avoir un semblant d'importance sur cette Terre, sale bestiole. Vulgaire parasite qui s'accroche aux autres, les prive de leur force, qui prend un plaisir malsain à les affaiblir par quelques paroles ou quelques actions. Combien de personnes as tu poussé au suicide ? Combien d'existences as tu condamné ? Tu n'es pas même forcément redoutable, mais ton esprit l'est. Tu ne penses pas forcément à mal, et pourtant, tu prends un plaisir certain à agir ainsi. Pourquoi, Nyu ? Pourquoi ta bouille de gosse cache un esprit pervers et profondément sali par ta race ? Tu joues des peurs, des angoisses des autres, alors que tu es le premier à t'effrayer d'un rien... Il serait trop long d'examiner chacune de tes craintes. Tu es farouche, après tout, tu es encore un petit renard aux pouvoirs bien particuliers, tu es d'ailleurs aussi fragile qu'un gosse. Ton essence peut si facilement disparaître... Quoi que. Il n'y a qu'un moyen pour qu'elle s'annihile totalement.

Te faire dévorer.

Que ton essence entre un autre corps et se fasse absorber par celui ci. Voilà ta plus grande peur. Dans tes draps, tu as chaud, tu meurs de chaud, les couvertures te retiennent, se serrent sur ton maigre corps, t'angoissent. Tu te mets à suer, tu gémis. Tu te crois dans l'oesophage d'un monstre, tu as la sensation que ses muscles digestifs t'étouffent, que ses sucs te recouvrent et tentent de percer ta peau. Tu finis par tomber du lit et tu te réveilles alors en sursaut. Tes grands yeux s'ouvrent, dévoilant les flammes qui brûlent au fond de tes prunelles. Tes cheveux roux sont plaqués contre ton visage, contre ta peau blanche en mèches sales et humides. Tu finis par te rassurer, tu te redresses sur tes maigres jambes et tu t'empresses de te réfugier dans la salle de bains. La lumière s'allume, t'aveugle mais te rassure alors que tu peux sentir sous tes pieds nus le carrelage glacé. Tu fixes ton reflet et tu te souris. Tu te souris pour te rassurer, te dire que tout va bien. Te dire que tu es stupide d'avoir de tels rêves et d'y croire encore, à ton âge. Finalement, tu te réfugies dans la douche mais l'eau glacée ne suffit pas à rafraichir ton corps brûlant de sommeil. Tu prends le temps de laver ta crinière enflammée, puis tu passes tes mains le long de ta peau immaculée, tu cherches à effacer toute fragrance de sueur, tout signe de ta peur.

Mais elle reste. Elle reste au creux de toi. Tapie dans ton cœur, tapie dans tes entrailles. Elle gronde, elle ne laisse que deviner sa présence, sans que tu ne puisses la saisir. Tu la laisses s'échapper, tu espères qu'elle va simplement s'évanouir en toi, se laisser noyée par tes pensées. Tu sèches ta tignasse puis tu t'habilles, assez légèrement bien que nous soyons un soir d'hiver. Tu as besoin d'évacuer cette chaleur qui s'accumule en toi, cette chaleur due à ce cœur qui bat trop vite, cette chaleur liée à l'angoisse et à ton sommeil qui s'unissent pour enfler la flamme de ton essence. Instinctivement, tu sais qu'il est dangereux de se montrer nerveux, surtout en ces lieux. Jusqu'à présent, tu n'as encore pas eu d'importants soucis, tu as toujours su te maîtriser, tu as toujours affiché un air innocent de pauvre garçon perdu... Alors que tu es un manipulateur de première. Alors que tu es capable de propager le chaos à cause de ta curiosité trop avide. Pour ta survie, tu préfères adopter un air fragile et qui ne présente plus aucun danger. Tu souhaites à ce qu'on t'oublie, à ce qu'on ne te trouve pas appétissant ou intéressant. Et pour ça, il faut se soumettre sans paraître trop effrayer, il faut se faire discret sans trop s'inquiéter et sans jamais s'énerver. Mais tu es encore jeune, tu est loin d'être Maître dans la matière. Tu as toujours dû te rassurer seul, jamais un parent ou un ami n'a vraiment veillé sur toi. Tu te dis parfois que tu ne dois pas en valloir la peine. Tu t'en attristes et tu te surprends à chercher parfois un soutien, un ange gardien, ou simplement, une étreinte sur ton corps maigre.

Quoi que, avec la venue de l'hiver, tu as dû quelque peu te remplumer. Tu es un animal, tu as toujours vécu en montagne, tu sais que la nourriture se fait rare quand la neige tombe, quand ce linceul recouvre les terres, enfouissant les derniers cadavres des plantes ou des animaux qui auraient pu te servir de repas. Durant l'été, tu as veillé à manger correctement, quitte à ce que quelques petites rondeurs sans gravité s'installent sur tes hanches osseuses en temps normal. D'ici la fin de l'hiver, tu seras de nouveau maigre comme un clou. Ton horloge biologique ne s'est pas encore accordée au rythme humain, peut être ne le fera t'elle jamais. Enfin, rassure toi, tu n'es pas plus mal maintenant que tu as pris un peu de poids. Juste quelques kilos qui ne te donnent plus l'apparence d'un anorexique. Tu préfères d'ailleurs enfiler des tenues plus larges, tu as peur qu'on se moque alors que cela peut te rendre plus doux et attirant. Tu n'es pas rond, tu es juste normal alors cesse de te cacher.
Tu finis par sortir de ta chambre après en avoir ouvert la fenêtre. Tu étouffes à l'intérieur. Il fait chaud, tu trouves que cela sent le fauve, tu y sens encore les indices de ta peur. Et cela te met mal à l'aise, tu préfères l'exorciser.. Sans penser qu'il s'agit peut être d'un rêve prémonitoire, sans te douter que ton instinct a raison de s'affoler.
La lune brille doucement dans le ciel. Elle semble veiller sur toi, elle éclaire même ton chemin de ses rayons d'argent. Tu retrouves le sourire, l'air froid soulage la tension qui brûlait en toi. La brise glacée faufile ses doigts longs et fins dans tes mèches, elle dépose même ses lèvres sur ton front, tes joues, alors que tu te mets à sautiller. Tu retrouves ton innocence d'enfant. Tu as envie de jouer dans la neige, comme avant. De courir après quelques lapereaux effrayés, puis, une fois glacé, retourner dans ton terrier et te blottir au chaud dans ton refuge... Tu souris à ces souvenirs et tu t'empresses de pousser la porte pour bondir dehors.

Après tout, tu n'es qu'un petit renard, perverti par l'humanité. Dans ta montagne, tu ne demandais rien à personne, tu te contentais de vivre, de jouer, sans faire quoi que ce soit de mal. Mais les humains sont arrivés. Les humains avec leur bombe destructrice. Cette explosion qui avait tout eradiqué. Et le pire.. c'était après. Après l'explosion. Quand l'air vibrait, quand il émanait de la terre des ondes dangereuses, qui te faisaient tomber malade, pauvre Nyu. Tu n'as jamais su ce que c'était, ce qu'était cette souffrance qui émanait du sol et des arbres, cette souffrance qui s'est inscrite en toi, dans ta chair et qui a, en grande partie, justifié ton changement. On t'a dit qu'il s'agissait de radiations. Radiations. Qu'était ce ? On ne te l'avait jamais vraiment expliqué. Quoi qu'il en soit, tu avais dû quitter ces terres à présent maudites, tu n'as eu d'autres choix que trouver refuge auprès des humains... Ces humains qui se trouvaient être des jouets beaucoup plus intéressants que quelques brindilles perdues dans la neige. Pensais tu vraiment à mal en te jouant d'eux ? Non, bien sûr que non. Dans la nature, il n'est pas question de Bien ou de Mal mais de survie. La faim justifie les moyens.

Tu t'avances alors dans la cour intérieure. Tu la contemples quelques instants même si elle ne vaut en rien les grandes plaines que tes petites pattes devaient parcourir par le passé. Tu glisses un pied, puis l'autre dans la neige et tu frissonnes tout entier. Tu résistes difficilement à l'envie d'adopter ta forme réelle et tu ouvres grand tes bras maigres, tu esquisses même quelques pas de danses et tu ris, tu ris à l'adresse des étoiles et du ciel nocturne, de ce ciel qui a toujours été ta mère, qui a toujours veillé sur ton sommeil alors que les étoiles s'assuraient à ce que tu n'aies pas peur du noir. Tu as envie de te jeter dans la neige, de te rouler dedans pour que le froid t'enlace, que le froid te rassure et t'assure que tu n'as rien à craindre. Tu sais que le danger vient de la chaleur, bien que tu sois un être du feu, la chaleur des corps, la chaleur des prédateurs, la chaleur de la bombe...

Mais tu n'as jamais eu affaire à un danger glacé. À un corps dont la vie l'a quitté depuis des années, voire des siècles. Une menace silencieuse, une menace sans chaleur.

Un danger froid comme la Mort elle même qui te guette, à quelques pas de toi. As tu donc oublié tout instinct de préservation ? Ces murs protègent peut être mieux que les montagnes, aucuns prédateurs ne t'a encore croqué... Mais il ne faut pas oublier ton instinct, ta méfiance viscérale. Tu penses seulement être seul ce soir là, comme pratiquement tous les soirs d'ailleurs, et pourtant, ton cœur s'accélère petit à petit. Tu finis par retomber dans le silence, tu te figes, tu te mords la lèvre. Mais tu n'as pas le temps de te retourner.
L'obscurité tombe soudain. Lune et étoiles ont disparu, t'ont abandonné, pauvre de toi. Tu ne sens pas la chaleur des muscles, mais tu perçois l'humidité de l'air, tu entends le souffle qui caresse ton oreille alors que des lèvres glacées la frôlent. Tes sens s'affolent. Trop tard, tu es piégé, durant quelques secondes. Mais non. Tes membres sont libres, tu n'as pas encore été blessé. Tout va bien, détends toi, réfléchis. Tu essayes de te calmer mais ton corps s'affole. Tes muscles se contractent, tremblent, prêts à agir. Ta respiration s'est figée puis reprend son rythme rapide. Ton cœur n'arrive toujours pas à retrouver un rythme régulier alors que tu avales ta salive. Et alors, il prend la parole. Sa voix grave et rauque te fait vibrer tout entier alors que tu retiens un gémissement inquiet. Sa voix comparable au grondement menaçant d'un loup, au son rauque d'un tigre quand son regard tombe sur sa proie... Tu as peur, Nyu.
Tu as peur, car ton cauchemar semble avoir pris vie. Ton cauchemar t'a emprisonné, ton cauchemar t'a capturé. Et il n'est pas prêt de te lacher...
Allez, il te faut répondre. Tu déglutis de nouveau et faire entendre ta voix devient un véritable effort mental et physique.

_ Je...

Oui, c'est déjà un bon début. Ta voix paraît bien misérable par rapport à celle de l'homme. Elle est encore aiguë, tu n'as pas mué, tu n'es qu'un petit Kitsune. Déjà que ceux de ta race ne sont pas forcément célèbres pour leur virilité...Soudain, ton corps agit. Tu t'es glissé sous sa main rien qu'en pliant les genoux, tu bondis en avant en craignant qu'il ne te rattape, atterissant à 4 pattes dans la neige. Tu as déjà fait volte face, te retenant de feuler. Tu es réputé pour ta vitesse, c'est bien l'un des seuls avantages physiques dont tu es doté. Tu te redresses lentement et tu souris par réflexe, ce sourire qui ne quitte jamais tes lèvres alors que tes prunelles courent sur l'homme devant toi. Ce cauchemar incarné.
Ce songe sorti de ton inconscient, cet être dont la simple vue inspire en toi quelques craintes que tu tentes d'enfouir. Tes yeux se perdent dans ses mèches blondes, qui pourraient être rassurantes si elles ne semblaient pas comme.. délavées. Délavées comme si son seul shampoing n'était autre que de la javel.
Mais le pire était ses yeux. Ses yeux, promesse de sang versé. Ses prunelles poissées par les vies volées, souillées par les blessures et l'hémoglobine..Ses pupilles affamées, plantées sur toi. Ces yeux qui ne sont autre que la pire des menaces, la plus inquiétante des promesses.

Tu vas saigner.
Tu vas souffrir, tu vas crier.
Et tu n'y échapperas pas.


Pleurer ? Ça ne sert à rien. Fuir ? Tu peux toujours essayer.
Mais tu sais qu'il te hantera. Tu sais que son regard te suivra même dans les bras de Morphée. Tu ne seras plus à l'abri de ces prunelles, ces yeux inhumains et monstrueux, ce regard qu'avait ce monstre dans ton cauchemar.
_
Ah ah, tu m'as fait peur, nyuh !
Retour du sourire alors que tes yeux se détournent quelques secondes du visage du vampire.
_
Brr, il fait froid, tu ne trouves pas ? Je vais rentrer...
Mais pas de suite. Tu sais que cela aurait l'air plus que suspect, il va se douter qu'il t'effraie. Tu n'es pas assez sot pour passer près de lui, tu sais qu'il risque fort de t'attraper.. Alors tu mets tes mains derrière ta tête et tu te promènes un peu au hasard dans la cour restreinte. Tu cherches une échappatoire, ou tu attends à ce qu'il s'éloigne de la porte pour t'y jeter.
_
Toi aussi, tu as du mal à dormir ? Tu as des examens qui approchent ? Demandes tu. Tu parles pour l'occuper, tu parles pour retarder cet instant où il refermera sa main sur toi.
Tu parles pour profiter encore de ton cœur qui bat, de ton corps qui ne t'envoie aucune once de douleur. Savoure encore cette absence de souffrance, savoure cette vie qui coule dans tes veines.
Car bientôt, tout cela sera fini.
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